HISTOIRE DES NOMS DE RUES DE SAINT LOUP

Par Remy Alacchi – @ Tous droits réservés

Bonnaude (traverse) Immédiatement sur la droite de l’Intermarché. Témoin du passé agricole de Saint Loup, cette voie en pente parait issue d’un autre âge. Le corps de ferme qui la longe est incroyablement conservé, elle porte selon André Bles, le nom de la propriété en contrebas. A l’extrémité de la traverse se trouvait un moulin alimenté par un béal (construit en 1840) le moulin est resté en activité jusqu’en 1971.

Paul Bouygues (boulevard) Baptisé par délibération du conseil municipal le 23 juillet 1943 (ex boulevard de Bonnecorse) Bonnecorse -voir histoire de la bastide Paul Edouard Bouygues est né à Levallois-Perret en 1886. Capitaine au Long-cours, il habita à Saint Loup, boulevard de Bonnecorse. Résistant, il fut victime de la vindicte nazis et fut tué au Plan d’Aups en juin 1944. Il fait partie avec d’autres résistants du quartier (Queirel, Bruny) de ceux, tombés pour leur patrie, et honorés pour la postérité.


Bonnifay (boulevard) Classé en 1956 Nom d’une famille de Saint Loup rebouteux de père en fils

Auguste Comte (boulevard) par délib. du 6 juillet 1926 (ex bd Magalon) Peu d’intérêt pour l’origine étymologique de cette rue. Auguste Comte n’est nullement du cru local. Né en 1798 à Montpellier et mort à Paris en 1857. Il fut mathématicien, philosophe et professeur à Polytechnique

Pierre Doize (Rue) : Résistant, fondateur en 1942 du premier détachement du FTPF du midi de la France. Interné à la centrale d’Eysses ou en 1944, il fut l’un des dirigeants de la révolte des Résistants détenus. Déporté à Dachau – Adjoint au maire de Marseille dans la municipalité Cristofol – puis Député des BDR de 1958 à 1968

Gabriel Fauré : (Rue) Compositeur français né le 12 mai 1845 à Pamiers, Ariège, mort le 4 novembre 1924 à Paris. Fils d’un instituteur devenu directeur d’école normale, Gabriel Fauré suit dès l’âge de 9 ans les cours de l’école de musique fondée en 1853 par Louis Niedermeyer. Elève et ami de Saint-Saëns qui lui fait découvrir Schumann, Liszt, Wagner – il ira entendre L’Or du Rhin et La Walkyrie à Cologne en 1878 et la Tétralogie à Munich en 1879 – c’est comme organiste que Fauré fait ses débuts à Rennes (1866). Après la guerre de 1870, on le retrouve titulaire à Saint-Honoré d’Eylau, et il participera à la fondation de la Société nationale de musique. Nommé en 1877 maître de chape

Florian (boulevard) par délibération du conseil municipal le 9 Novembre 1927 Ex impasse de la Croix (érigée en 1820 et toujours visible à l’entrée de l’autoroute est)  Jean Pierre de Claris de Florian né au château de Florian en 1755. Descendant de Voltaire, il fut officier de cavalerie, il acquis une certaine renommée comme poète et auteur de pièce de théâtre. Victime des débordements de la terreur, emprisonné, il meurt en 1794.


Docteur Girbal (rue) Delib. 4 septembre 1984 Adrien Blés nous éclaire sur ce personnage tombé quelque peu dans l’oubli. Etienne Girbal est né dans le Gard en 1893. Il vient à Marseille pour faire ses études de médecine, interrompues par la guerre de 14-18. Patriote, il s’engage dans les fusillers – marins et livre des combats à Verdun. Ses faits d’armes lui valent la légion d’honneur à l’age de 22 ans. Son devoir pour la patrie accompli, il reprend ses études, devient docteur en médecine, puis enseigne à la faculté de Marseille. C’est alors qu’il entame une carrière politique. D’abord conseiller municipal puis il de vient adjoint au maire, élu à l’hygiène et à la santé à partir de 1947. Croix de guerre avec palme, officier de la légion d’honneur, Il meurt accidentellement dans un accident en 1981.


Octroi (place de) L’emplacement d’une gare d’octroi à cet endroit ne doit rien au hasard. Bien avant la mise en place de la TVA, un impôt sur les marchandises devait etre acquité à l’entrée des villes. Toutes les personnes arrivant par la route nationale (ex route Impériale) en provenance de périphérie Est de Marseille étaient redevables d’un droit de passage payable sur place sur les denrées qu’elles désiraient faire entrer intra- muro. L’octroi fut supprimé en 1943, mais les batiments administratifs qui collectaient la taxe existent toujours, ils abritent actuellement un centre médical 7j /7

Puits de Lierre (traverse) Adrien Blés (dictionnaire des rues de Marseille, édition Lafitte) nous apprend que l’appellation de cette traverse est très ancienne. Elle tient son nom de la présence d’un puit d’ailleurs encore visible. Fait notable, en 1915, dans une grotte à proximité, furent trouvés des poteries et des silex taillés

Queirel (boulevard) par délibération du conseil municipal du 7 mars 1949 (ex traverse des Prud’hommes) Jean Baptiste Queirel est né à Marseille en juin 1898. Jardinier, il résida traverse des Prud’hommes. Son fils Roger, né en 1928 était miroitier de profession. Le père et le fils  allaient s’illustrer par leur engagement dans la résistance. Ils furent, tout deux, tués par les Allemands lors d’une embuscade au plan d’Aups en juin 1944

Romain Rolland (Rue) Romain Rolland est un écrivain français, né à Clamecy (Nièvre) le 29 janvier 1866 et mort à Vézelay le 30 décembre 1944. Il reçut en 1916 le Prix Nobel de littérature 1915 pour son œuvre majeure, Jean-Christophe.


Icard (Boulevard) Le boulevard porte le nom du propriétaire des lieux au XIXème siècle. Marius Icard fils de cultivateur à la Pomme est né le 1843 à la Pomme. Il était entrepreneur de travaux publics et tailleur de pierre. Il obtint de gros marchés avec la municipalité, notamment l’entretien du pavage du réseau de tramway Marseillais.
A suivre

GENESE DU QUARTIER SAINT LOUP – MARSEILLE

Par Remy Alacchi – @ Tous droits réservés – 2007
Sources :
Alfred Saurel (La banlieue de Marseille, 1878)


Monographie : Histoire de Saint Loup, Abbé Cayol – 1866

En 1876, le village de Saint Loup comptait 2 529 habitants. D’après Alfred Saurel (La banlieue de Marseille, 1878) la naissance du village est très ancienne. Sa création semble être liée à la proximité des moulins à grain qui jouxtaient l’Huveaune. Les premières maisons créées longeaient la route qui devait être plus basse que celle que nous connaissons actuellement. L’historiographe du quartier St Loup, l’Abbé Cayol (1812-1869) atteste dans son ouvrage « histoire du quartier Saint Loup » que le nom primitif de Saint Loup fut Centhis, puis par déformation sémantique, San This puis Saint Thyrse. Le passage de cette dernière appelation à celle de Saint Loup est à ce jour inexpliquée, bien que l’on pourrait inférer un lien entre St Loup et le cours d’eau (Loubet en provençal)
Le cartulaire de Saint Victor daté de 1057 décrit une transaction entre Pierre, prêtre du village de Saint Marcel et le monastère de Saint Loup. « Pierre donne au monastère une vigne, voisine de celle de Pons Borrelus de Saint Thyrse » L’église de Saint Loup est confirmée à l’Evêque de Marseille par une bulle du pape, Anathase IV, le 30 Septembre 1153.

L’église devient alors un prieuré de la Major et le titre « de Saint Thyrse est donné aux chanoines du lieu. En 1318, le quartier se nomme encore, Saint Tyrse et le prieuré est uni à celui de Notre Dame D’Eoures. Le nom de Saint Loup apparaît en 1531 (d’après les archives de la Major) Aucun historien n’a à ce jour réussi à démontrer les raisons de ce brusque changement d’appellation. Saint Loup a t’il été baptisé ainsi en hommage aux grâces que prodiguait la rivière de l’Huveaune ? Ni l’Abbé Cayol, ni Alfred Saurel, les deux historiens du quartier, n’ont réussi à étayer cette hypothèse. A partir du début du XVIIIème siécle, le village a commencé à se développer. Les archives, nous dit Saurel, attestent d’une chose : La paroisse de Saint Loup, en 1777, était suffisamment importante pour que l’on décide de la création d’un cimetière. Les ressources du village n’étaient pas nombreuses et la paroisse dépérit rapidement, cela conduit l’évêché à en interdire l’accès. Saisis de remords la population décida sa rénovation. Le chantier fut confié à l’architecte Dreveton (qui possédait terre et bastide à St Loup). En 1791, en pleine révolution, la nouvelle église fut inaugurée, elle traversa le temps jusqu’à nous. La terreur révolutionnaire interrompit le culte jusqu’en 1801. Monseigneur De Mazenod la consacra en 1834.

L’expansion agricole de Saint Loup : On ne peut comprendre l’évolution de Saint Loup et des villages voisins comme Saint Tronc, sans se pencher sur l’inestimable apport du canal de Marseille. Avant sa construction en 1849, seule la vigne et l’olivier pouvaient surmonter l’aridité du sol. Le canal permit une requalification du mode de culture. Les paysans se mirent à la production maraîchère (arbres fruitiers, pâturage pour les vaches laitières) Cette mutation économique dopa le développement du village. Des ouvriers agricoles vinrent du centre-ville proposer leur services, puis ce fut le tour des Italiens venus du Piémont, puis des Arméniens. Le village s’étendît vers la colline et de modestes bâtisses couvrirent le Vallon de Puit de Paul, les Trois Ponts, le vallon de La Vesque.

L’apport de l’eau du canal ne fut pas qu’une bénédiction pour la population. De riches négociants, en quête de fraîcheur et de tranquillité et venus du centre- ville, allaient rapidement occuper les lieux. Les propriétaires terriens en investissant dans des domaines agricoles employèrent les gens du village (ouvriers agricoles, femmes de ménage, jardiniers, cochers, etc.)
Cette nouvelle sociologie bouleversa quelque peu l’équilibre social du village car riches et pauvres furent contraints de cohabiter. De façon générale, tout le monde profita de l’onction économique qu’apporta le canal. L’aspect actuel du village est directement hérité de cette fin de XIXème car les bastides encore nombreuses de nos jours datent de cette époque. Seules les campagnes attenantes aux bastides ont été morcelées dans les années 1960 pour la création de groupes d’immeubles.


CSCS Saint Tronc Le club de foot de notre enfance (1978/1990 )

CSCS Saint Tronc Le club de foot de notre enfance

Par Remy Alacchi – Avril 2001 – @ Tous droits réservés

C’est en 1978, qu’un petit groupe de bénévoles décident sous la présidence de M. Tiran de créer sur le quartier une association qui permettrait à chacun  » de pratiquer son sport favori au moindre cout  » Ce slogan en forme de profession de foi annonçait l’ambition et l’enthousiasme des dirigeants. Leur initiative était d’autant plus louable, qu’ils avaient entrepris d’occuper les jeunes, qui dans ces années 1978-80 étaient très nombreux. J’en parle d’autant plus facilement que j’en faisais parti. Nous étions des centaines, certains de La Marguerite, d’autres des Grands Pins, de Castelroc ou des Jardins de Flore.

Nous jouions à l’époque sur le petit terrain devant la Marguerite. Je me souviens de ces hordes de gamins, issus du  » baby-boom  » que nous étions, nous vivions quasiment comme à la campagne et les tournois de foot amateurs que nous organisions rythmaient nos mercredi après-midi et nos samedi.

C’était l’époque où l’on pouvait encore apercevoir des vaches qui paissaient devant la B-Fouque. Saint tronc n’était encore qu’un village accroché à la roche blanche de  » Sainte croix  » et nous nous enivrions des douceurs de cette liberté que permettaient les collines environnantes.

C’est donc dans l’allégresse générale que, nous « les enfants de saint Tronc  » avions salués la naissance de ce club, qui allait nous permettre de nous exprimer, de briller et peut être de devenir célèbre. La tâche pourtant s’annonçait rude et les dirigeants savaient qu’il serait difficile de concurrencer des clubs mieux implantés comme » Vivaux Marronniers, Sainte-marguerite ou Mazargues. Mais qu’importaient les difficultés à venir, la passion était là et le club était né. A l’époque, les dirigeants du club nepossédaient que peu de moyens et ce n’est qu’armé de leur amour du sport qu’ils commencèrent à lancer les campagnes de recrutement, à négocier l’obtention de locaux et d’un stade d’entraînement avec la Ville. Les débuts se firent comme prévu dans la douleur, nous jouions nos matchs à saint Loup, tandis que les entraînements avaient lieu sur le terrain de Castelroc Haut.

Peu à peu, les choses s’organisaient et déjà pour la saison 1978-79, huit équipes étaient engagées sous les couleurs du club. Je suis sur que beaucoup sur le quartier se souviennent du petit boxe derrière le  » SODIM  » qui nous servait de quartier général. Nous y avions rendez–vous avant chaque match, les parents nous accompagnaient sur les divers stades où devaient se dérouler les rencontres. C’est pour ma part, ainsi que j’ai commencé à découvrir Marseille.

Il y avait aussi les lotos, les sorties, les soirées que le club organisaient le club, nous étions fiers d’appartenir à cette famille sportive. C’est donc tout naturellement que nous avions développé un solide sentiment d’identité et d’appartenance et c’est avec la rage et l’orgueil de nos 10 ans que nous défendions chaque dimanche l’honneur de notre quartier. Sans avoir de prétentions démesurées, le club dont l’évolution resta modeste malgré les années, nous permit de nous épanouir et de ne jamais perdre de vue que l’essentiel était dans l’amitié, la solidarité le plaisir de l’effort et le dépassement de soi. Je garde encore à l’age adulte les traces des enseignements de nos entraîneurs qui sans cesse prônaient le respect de l’autre.

A insouciante jeunesse dont je garde encore de merveilleux souvenirs, je souhaite aux générations suivantes de ressentir autant de joie que nous en avions à l’époque.

Pourquoi ne pas rêver à la résurrection de ce club qui a cessé d’exister il y a quelques années ?
fraJe ne peux clore ce fragment de l’histoire de notre quartier sans saluer les nombreux bénévoles, qui sans être à l’origine de la création du club bénévole se sont en effet succédés pour assurer la pérennité de la structure associative et sportive : citons Mrs Louisor, Gysler, Campo, Monaco, Giuliano, Galiano, Bonsignori, Ferraro, Alacchi (et j’en oublie sûrement) qui se sont dépensés sans compter, pendant des années pour que demeure sur le quartier une structure associative et sportive.

Remy Alacchi – avril 2001

LE COUVENT DE SAINT TRONC

Par Remy Alacchi – @ Tous droits réservés . D’après un article d’Edgar Costa paru dans la Revue marseille en 1975

Le couvent de Saint Tronc, dans les années 1960, un bâtiment encore fonctionnel trônait au milieu d’une urbanisation naissante. Celui-ci abritait un berger dont les troupeaux de chèvres broutaient paisiblement sur le terrain en contrebas. La bâtisse a longtemps servi de remise aux paysans du quartier qui y stockaient matériels et récoltes.

Vestige du couvent – 1866 – j Cabasson


Cette bâtisse rectangulaire et de dimension modeste (25 m/6 mètres) se situait à l’entrée de l’actuel groupe d’immeuble Sainte Croix. Celle-ci n’a malheureusement guère résisté à la pression des promoteurs.
Pourquoi s’intéresser à ce vestige appartenant à un passé révolu. Avant sa démolition en 1974-75, l’édifice était dans un tel état de délabrement qu’il ne présentait aucun intérêt historique ou architectural. Pourtant, il y a un siècle, l’Abbé Cayol (l’historien de Saint Loup) s’était déjà penché sur le passé de cette maison d’apparence quelconque. A cela une raison : la légende locale prête à cette bâtisse un incroyable passé.
 Cet édifice a suscité bien des interrogations et nombres d’historiens ont tenté d’en percer le mystère.
Je vous propose aujourd’hui de remettre à la page un article paru dans la revue Marseille en 1975 dans lequel Edgar Costa évoque le souvenir d’un vestige vieux de Mille ans.
Nous savons grace aux cartulaires de Saint Victor CARVILLAN Au IX éme siècle de notre ère, CARVAILLANUS AGER » était une villa importante située dans une terre situé au-delà des rives de l’Huveaune. Cette villa, propriété des moines de Saint Victor fut offerte par un seigneur du nom de SIGOFREUS Ce nom CARVILLAN demeura dans l’inconscient collectif, il désignait selon Alfred (La banlieue de Marseille, 1878 Editions Jeanne Laffitte ), des terres incluants « le château Berger, la campagne Pastré, le lotissement Fémy. Les autres sections de CAVAILLAN s’étendaient sur la rive sud-est de l’HUVEAUNE, (De l’actuel Parc Dromel, à la Sauvagère et jusqu’à l’actuel Pont de VIVAUX)

Les vestiges du couvent -1975 (entre la résidence du Lycée et les Roches)

Le morcellement au fil des siècles des terres de Carvillan a donné naissance aux quartiers de Ste Marguerite et Saint Tronc. L’action des moines de Saint Victor a été prépondérante pour nos quartiers car ils ont rendus les terres cultivables. Ils ont permis de stabiliser les bords, jadis marécageux, de l’Huveaune. Le développement de Saint Loup et des quartiers voisins n’a été qu’à ce prix.
Mais revenons à notre propos, d’après Edgar Costa, les moines de  Saint Victor auraient choisi Saint Tronc en 810, pour fonder un couvent de religieuses. L’édifice et l’exploitation des terres attenantes fut dévolue aux sœurs Bénédictines (ordre de Saint Benoît). Prônant le dépouillement absolu pour se rapprocher du Divin, les soeurs n’en n’étaient pas moins soumises aux agitations et remous de leurs temps. Leur quiétude monacale réglée par le labeur et la prière fut terriblement menacée par les invasions de barbares particulièrement féroces. En ce IX siècle, les hordes de Sarrazins ont envahis l’Espagne et se répandent en Provence. La ville de Marseille toute entière est menacée et pour se protéger des envahisseurs, la population se réfugie sur la butte Saint-Laurent. Les Bénédictines isolées et sans défenses dans leur couvent n’étaient pas à l’abri de la vindicte de ces hordes dévastatrices.
Un matin, alors que les envahisseurs Maures  étaient annoncés dans les bois de Saint Tronc, les Soeurs prirent une décision aussi héroïque que désespérée. Misant sur l’effet de surprise, les sœurs se coupèrent le nez et se présentèrent ainsi mutilées à l’entrée du monastère. Effrayés par les visages horriblement défigurées des religieuses, les barbares passèrent leur chemin. Ainsi délivrées de l’oppression les  » Desnarrado » (Les femmes au nez coupé) purent continuer à vouer leur vie à Dieu.
L’on ne sait pas exactement lorsque les Soeurs ont quitté leurs terres de Saint Tronc. Encore une fois les cartulaires (archives) de Saint Victor nous éclairent plus avant. Une charte de l’an 1020 nous apprends que Guillaume II comte de Provence (1010-1037) entreprit des démarches pour que les moines de Saint Victor puissent récupérer l’usufruit de leur couvent de Saint tronc duquel ils avaient privés suite au déclin de la communauté des religieuses.
Au XVII siècle, huit cent ans après sa fondation, le couvent n’était plus habité par les Moniales et les moines de Saint Victor avaient perdu de leur autorité économique.  En 1645, le Seigneur Evêque de Marseille autorise la construction d’une Chapelle contiguë aux bâtiments du Monastère. Ce lieu de culte, ouvert au public avait son entrée sur l’actuelle rue Pierre Doize.  » La présence de cette chapelle à cette endroit explique l’appellation de la voie qui y menait (Traverse de la Vieille Chapelle – actuelle rue Verdillon). Les offices religieux furent célébrés dans cette chapelle jusqu’en 1789 par un aumônier local qui portait le titre de «  Seigneur de Saint Tronc ». La révolution ébranla sérieusement les privilèges des notables locaux, aristocrates ou ecclésiastiques (voir histoire de la bastide Les Marronniers à Saint Loup). Les biens de l’église ne furent pas épargnées par la rage populaire. La chapelle de Saint Tronc fit, comme bien d’autres lieux de cultes, les frais de ces soubresauts de l’histoire.
Des jeunes gens exaltés par la ferveur ambiante se réunirent en un cortége païen pour mettre à bas les symboles religieux. Ils se déchaînèrent sur la petite église qu’ils dépouillèrent totalement de ses ornements sacrés, ils démontèrent la cloche qu’ils firent déambuler fièrement jusqu’au village de Saint Loup
     

La chapelle de Sainte Croix

Par Remy Alacchi et Pierre Bonneil – avril 2001 – @ Tous droits réservés

Source Alfred Saurel, Dictionnaire des villes, villages & hameaux du département des Bouches-du-Rhône, Marius Olive, 1878
Abbe Cayol, histoire du quartier Saint Loup, 1866

Des ruines toujours visibles de l’ancienne chapelle de Sainte-Croix culminent à 310 mètres (à l’emplacement actuel de l’antenne de Radio de la protection civile).
Faisons un bref récapitulatif de son histoire.
En l’an 1645, d’après les anciennes archives de la paroisse de Saint-Loup, on disait encore les messes les dimanches et fêtes dans la Chapelle de sainte-Croix. Les recherches imputent la construction de cette chapelle aux moines de Saint Victor, car le seul un chemin qui y menait était sur les terres de Saint tronc et leur appartenait.
L’accès à la chapelle fut interdit par l’évêque en 1710 et sa destruction fut totale à la révolution.
De nouvelles recherches sur le terrain nous éclairent sur l’empreinte chrétienne qu’a laissé dans nos chères collines la présence de cette chapelle.

Le Mont de Sainte-Croix est la colline qui surplombe la résidence Castelroc haut. Contrairement à certaines idées reçues qui lui ont attribué le nom de Rouvière ou de Saint Cyr. Le chemin de procession qui menait à la chapelle Sainte-Croix est encore visible sur le versant de la carrière Ribotta ainsi que sa variante qui part de l’actuel stade de foot. Ce sentier de procession cheminait en zigzag sur la crête partant à gauche des fours à chaux.
Une partie, non recouverte par la végétation composée de marches stabilisées en calade et bordure nous permet de comprendre le tracé sinueux du chemin qui menait à la chapelle. Les nombreux virages de la voie d’accès vers le sommet s’expliquent par la nécessité de permettre aux ânes et aux mulets qui transportaient les fidèles invalides de parvenir au sommet sans avoir à affronter de face la forte déclivité. On peut aussi penser rapprocher la sinuosité du sentier au symbole du Christ montant vers la crucifixion.
Au sommet de la roche blanche calcaire qui compose la crête de Sainte-Croix, on peut lire des inscriptions gravées qui attestent les pèlerinages. Voici la plus nette :  » Timon-David, l’année 1776, à ces deux fils « 
Plus au Nord, on peut trouver les points d’ancrage toujours visibles de l’ancienne chapelle. D’après nos recherches, on peut dire que la chapelle était bâtie à même le roc et sans fondation. Les murs étaient fait de pierre de calcaire et de chaux. La toiture supportait des tuiles artisanales collées à la chaux et vernies sur la face extérieure. De nombreux fragments de tuiles et de mortier ont d’ailleurs été retrouvés récemment au somment de Sainte-croix.

Par Remy Alacchi et Pierre Bonneil – avril 2001 -Tous droits réservés
A suivre…

Histoire du village de Saint Tronc

Par Remy Alacchi – @ Tous droits réservés

Source , La banlieue de Marseille, Alfred Saurel, 1878 

  » Le hameau de St Tronc, situé entre St Loup et Ste Marguerite, occupe les angles d’un carrefour formé par le chemin n0 35 de St Tronc, le chemin qui conduit au Pont de Vivaux et une traverse qui aboutit à l’ancien monastère.

Le hameau n’est pas considérable il est formé d’une demi-douzaine de maisons à côté desquelles se montre le local de l’école publique. Que l’on remonte ou que l’on descende le chemin vicinal 35, on voit, à droite comme à gauche, de belles propriétés largement ombragées et refermant des bastides bâties avec un confort et une élégance qui donnent une idée fort avantageuse du bien-être de leurs possesseurs.

Bois Fleuri -1915

Si l’on tient à se rendre compte des points de départ et d’arrivée de ce chemin, il faut se rendre jusqu’à Ste Marguerite, au Nord-Ouest, ou jusqu’au « Grand pin » au Sud. C’est à ce dernier endroit que se termine le chemin entretenu par la ville. Si l’on continue à suivre la voie carrossable qui s’y soude, on s’engage dans le vallon de Toulouse qui est formé par la montagne Ste Croix et le mont Rouvière.

Notre historien s’interroge
Le personnage de Saint Tronc a-t-il existé?

Non, nous dit l’auteur car Saint Tronc est un être imaginaire, inconnu dans la liturgie. Alfred Saurel pense qu’il s’agit d’une déformation sémantique, il apporte les hypothèses suivantes:

Une chartre du 23 avril 1040, imprimée dans le cartulaire de St Victor sous le n0 52 renferme cette phrase

  • Ego, Wicherius dono ….aquilid de proprietate mea, id Sarturano, in Arcolas, in Centrones, in plomberas » (Moi, Wicherius je donne une partie de mes biens qui se trouvent.. dans un quartier habité par les Centrones)*

Suivons les modifications suivantes en 1278, un acte notarié stipule Santron, alors qu’en 1309 un acte des archives municipales indique san tron, enfin un acte d’attermitage de1614 précise le nom Saint-tronc.

Pour Saurel, le brassage des populations diverses et la tendance des Marseillais de l’an mil à placer leur quartier sous la protection d’un saint peut expliquer la transformation de l’appellation de notre quartier de centrones en Saint-Tronc.

Voilà donc si l’on suit Saurel, comment notre quartier s’est appelé Saint-Tronc.

Rémy ALACCHI

o Centrones Peuplade venue du massif central. oéja présente sur le plateau de St Tronc sous l’occupation de Marseille par Jules César en 50 avJ-C

Histoire de Saint Tronc

Par Remy Alacchi – @ Tous droits réservés


Source : Les bastides de Sainte Marguerite, joyaux du terroir Marseillais Henri Luppi , 1983, Comité du Vieux Marseille

Etymologie et HHistoire de Saint Tronc et Saint Loup
Le saviez-vous ?

La rue Verdillon (du nom de la Famille Verdillon qui possédait terrains et bastide à cet endroit) s’appelait jadis, traverse de la Vieille Chapelle, en référence à l’ancien couvent des Bernardines qui se trouvait vers l’actuel groupe d’immeuble les Roches.

La campagne La Pintade sur laquelle se trouvait une bastide (angle F Mauriac et Romain Rolland) tient son nom, non du volatile, mais du Provençal Pintado (repeint)

L ‘actuelle école religieuse La Source (près de Maison Blanche) a été par le passé maison pour aveugles puis maternité. Cette ancienne bastide doit son nom à la résurgence de la rivière de la Goufonne qui passe à proximité.

Le célébre marbrier Cantini (généreux donateur de la fontaine Cantini, place Castellane) possédait sa bastide sur l’actuel Groupe d’immeuble « la Rose « 

Le Vallon de Toulouze (et non de Toulouse) doit son nom au propriétaire des lieux Etienne Toulouze, qui en 1697 acquit les terrains. L’endroit fut initialement dévolu aux fours à chaux.

Le lieu dit La Sauvagère appartint à la famille Castinel, des marchands de grain établis sur la Canebière avant la Révolution. La topologie de l’époque étant peu adapté aux déplacements à cheval, un des propriétaires nomma sa bastide en fonction des difficultés qu’il avait à s’y rendre.

Les Micoucouliers était au siècle dernier un domaine dévolu à la culture de la vigne et de l’olivier. Le terrain de plusieurs hectares était le bien de la famille Castinel (un des plus gros propriétaires de terre à Saint Tronc). La maison de maître aujourd’hui disparue possédait un puit qui assurait le confort des occupants des lieux. La dense pinède environnante était un rendez-vous très prisé des chasseurs.

La bastide Grand Pré (ancien chemin de Cassis) fut le bien de la famille D’Anthoine (famille très proche de Napoléon Bonaparte) En effet, François Félix d’Anthoine acquit la bastide en 1817. Son père resta, Ignace D’Anthoine, riche négociant fut fait Baron de St Joseph (bastide St Joseph, actuelle Mairie de secteur dans les quartiers Nord) par l’Empereur Napoléon 1er. Il resta dans l’histoire, d’abord comme Maire de Marseille de 1805 à 1813, puis comme époux de Rose Clary, soeur de Désirée Clary, épouse de Bernadotte et future Reine de Suède.

La bastide Bois Fleury a appartenu à Eugéne Velten, fils de Godfriend Velten, sénateur, administrateur de la Banque de France et fondateur des brasseries Phénix.

CARVILLAN Au IX éme siècle de noter ère, CARVAILLANUS AGER » était une villa importante située dans une terre situé au-delà des rives de l’Huveaune. Cette villa, propriété des moines de Saint Victor fut offerte par un seigneur du nom de SIGOFREUS. Ce nom CARVILLAN demeura dans l’inconscient collectif , il désignait selon Alfred Saurel (La banlieue de Marseille, 1878 Editions Jeanne Laffitte), des terres incluant « le château Berger, la campagne Pastré, le lotissement Fémy ». Les autres sections de CAVAILLAN s’étendaient sur la rive sud-est de l’HUVEAUNE, (De l’actuel Parc Dromel, à la Sauvagère et jusqu’ à l’actuel Pont de VIVAUX)
Le morcellement au fil des siècles des terres de Carvillan a donné naissance aux quartiers de Ste Marguerite et Saint Tronc

LE PARC DE MAISON BLANCHE La luxuriance de cet endroit est probablement due à la présence souterraine d’une nappe phréatique, lieu de stockage des multiples sources qui dévalent depuis la colline. La naissance d’une résidence privée à cet endroit doit être très ancienne, si l’on en juge par la taille des platanes, plusieurs fois centenaires.
Mes recherches s’axent à ce jour sur la présence probable d’une confrérie religieuse, non loin de là, car l’on sait que les moines de Saint Victor possédaient, des terres nommées « Carvillan  » Une chartre du 23 avril 1040, imprimée dans le cartulaire de St Victor sous le n° 52 renferme cette phrase

  • Ego, Wicherius dono ….aquilid de proprietate mea, id Sarturano, in Arcolas, in Centrones, in plomberas » (Moi, Wicherius je donne une partie de mes biens qui se trouvent.. dans un quartier habité par les Centrones)

Auteur : Rémy Alacchi – Tous droits réervés – Mai 2001
Inspiré de: Les bastides de Sainte Marguerite, joyaux du terroir Marseillais Henri Luppi , 1983, Comité du Vieux Marseille

Histoire des bastides de Saint Tronc

Par Remy Alacchi – @ Tous droits réservés

Bastide l’Etoile – Vallon de Toulouse vers 1955

LES BASTIDES DE SAINT TRONC
L’expansion agricole de Saint Tronc

On ne peut comprendre l’évolution de Saint
Tronc, sans se pencher sur l’inestimable apport du canal de Marseille. Avant sa
construction en 1849, seule la vigne et l’olivier pouvaient surmonter l’aridité
du sol. Le canal permit une requalification du mode de culture.

Les paysans se mirent à la production maraîchère (arbres fruitiers, pâturage pour les vaches laitières) Cette mutation économique dopa le développement du village. Des ouvriers agricoles virent du centre ville proposer leur services, puis ce fut le tour des Italiens venus du Piémont, puis des Arméniens. Le village s’étendit vers la colline et de modestes bâtisses couvrirent le peu à peu le terroir .
L’apport de l’eau du canal ne fut pas qu’une bénédiction pour la population. de riches négociants, en quête de fraîcheur et de tranquillité venus du centre-ville, allaient rapidement occuper les lieux. Les propriétaires terriens en investissant dans des domaines agricoles employèrent les gens du village
(ouvriers agricoles, femme de ménage, jardinier, cocher, etc. …) Cette nouvelle sociologie bouleversa quelque peu l’équilibre social du village car riches et pauvres furent contraints de cohabiter. De façon générale, tout le monde profita de l’onction économique qu’apporta le canal. L’aspect actuel du village est
directement hérité de cette fin de XIX ème car les bastides encore nombreuses de nos jours datent de cette époque. Seules les campagnes attenantes aux bastides ont été morcelées dans les années 1960 pour la création de groupes d’immeubles.


Ces petits articles sont un hommage au remarquable travail de recherche historique d’Henry Luppi dont les travaux ont guidé mes recherches alors que tout jeune je cherchais les traces du passé de Saint Tronc.

Château des Roches 1953

Le château des Roches
Grande bastide au pied de la colline de sainte Croix, elle fut le bien de Monsieur LAGARDE et son épouse, née RIVOtRE, et déjà propriétaires de la « rue Français Mauriac, et qui léguèrent les deux propriétés à leurs nièce et neveu.

L’entrée de la bastide devait se situer sur l’emplacement actuel du parking de GIFi. Les platanes qui y menaient existent toujours.

La Résidence Castelroc a remplacé la bastide dans les années 1970

Bois Fleury
Elle fut construite dans la seconde moitié du XIX siècle par Eugène VELTEN, héritier de
GODFRIED, Sénateur et fondateur des Brasseries de La Méditerranée et des Brasseries
Phoenix, et lui-même administrateur de la Banque de France.

Celles-ci conservèrent la bastide et son parc luxuriant jusqu’en 1975. .De nos jours, seule la grille a résisté aux démolisseurs.

Au début du siècle, le domaine passa aux mains de Monsieur Emile VACCARO, qui céda la propriété en 1932 à la société de bienfaisance et de charité de Marseille qui y installa l’Oeuvre de l »enfance délaissée , avec pensionnat, maison de repos et dispensaire. tenue par les Soeurs de Saint Vincent de Paul.

Notez que la grille se trouvait l’époque à l’emplacement actuel de la petite porte d’accès de la résidence. Le boulevard Paul Claudel s’arretait sur la place de Saint Tronc et la grille de Bois Fleury constituait le terminus du Bus 53

Le parc de la résidence s’etendait jusqu’à la baside Piboulo au sud ( actuellement le club ) et au Nord jusqu’à la Germaine (inclus l’actuel Lycée Perrin ) à l’Est elle jouxtatit avec l’entrée de la Bastide des Roches ( à la hauteur de GIFI

LES MICOCOULIERS
C’est la famille CASTINEL, représentée par Casimir CASTINEL, négociant au 36 de la rue Curiol, qui possédait cette propriété de quatre carter~es (7 060 m2) dans les premières années du XIX siècle. Complantée de vignes, d’oliviers et d’arbres fruitiers, elle comprenait une maison de maître du siècle précédent avec son puits intarissable et un four domestique. On y jouissait comme dans les autres bastides de la plaine de Saint Tronc, d’une fort belle vue sur la mer au milieu de pinèdes parfumées idéales pour la chasse.
De nos jours quelques rares pins subsistent des anciennes « Pignades et les micocouliers désignent un groupe d’immeubles.

MAISON BLANCHE : D’aprés : Les bastides de Sainte Marguerite, joyaux du terroir Marseillais Henri Luppi , 1983, Comité du Vieux Marseille
Cette vaste bastide de 8 hectares était au tout début du XIX° siècle le bien de Mr Jean Baptiste Mouger.  » La maison comportait deux bâtiments dont la bastide niché au milieu du domaine complanté de vignes , oliviers et divers arbres fruitiers et feuillus. »
En 1821, son propriétaire s’en dessaisit au profit d’un fabriquant de cotonnades imprimées, Mr Michel François Duclos qui deviendra par la suite Marguillier et trésorier de l’église Sainte Marguerite. Il prêtera même un orgue à la paroisse. A sa mort, la bastide devient le bien de Mr Flotte-Montauban , officier de cavalerie qui la revendit dés 1840 à un fabriquant de savons , Gaspar Paban, lequel s’en dessaisit dés 1846 au profit de David Cohen de Léon, rentier et ancien armateur. C’est lui qui fit construire la bastide telle que nous la connaissons aujourd’hui et qui la nomma Maison Blanche.
Certaines sources difficilement vérifiables formulent l ‘hypothèse que Mr David Cohen de Léon fut le père adoptif d’un homme qui allait faire parler de lui pendant la guerre de 1914 -1918 et surtout à partir de 1940 le général Weygand.
Elle appartint ensuite au Sieur Edourad Meyer, négociant en métaux. Il la loua en 1894 à Mr Demetrius Caramano. Puis la bastide devint en 1906 le bien de Monsieur Emile Ferdinand Angst , négociant rue Mongrand, Vice Président du conseil d’administration de la CIE Nationale de navigation , ancien vice -consul du Brésil , consul de la fédération Helvétique. Mr Angst légua la bastide à son fils Georges qui la vendit à la ville en 1978. Un fonctionnaire de la municipalité l’occupa jusqu’en 1983 où la bastide devint Mairie du 9 éme et totalement ouverte au public

CAMPAGNEs DANS SAINT TRONC

CAMPAGNE LA ROSE
269, boulevard Paul Claudel (ex chemin de Saint Tronc).
C’est en 1869 qu’un sculpteur marbrier, P. Jules CANTINI en devint propriétaire. Celui-ci avait acquis une fortune considérable en peu de temps et en profita pour acquérir de nombreux immeubles.
Né le 2 février 1826, il sera fait Commandeur de l’Ordre de la Couronne d’Italie et membre de l’Académie de Marseille. Grand Prix de l’Exposition Universelle en 1889, il restera surtout connu pour avoir fait don en 1911, de la superbe fontaine de la Place Castellane (Fontaine Cantini).
Dans les années 1950, une laiterie tenue par Monsieur FAURE s’installa à La Rose, pour laisser la place à un ensemble immobilier dans les années 1960, le lotissement la Rose.

LA DE VILLEWELS
Bculevard Paul Claudel.
Cette bastide au beau « parc classique était en 1832 la propriété de Charles-Louis ROULET, qui a revendît en 1864 au sieur Jean-Jacques JARTOUX, lequel la léguera à sa fille Marie-Louise, é’ouse de Jacques de VILLEWELS, ingénieur.
Elle a été entièrement rasée et se situait avant les Micocouliers.

CAMPAGNE DU BON PASTEUR
Chemin du Vallon de Toulouse et boulevard Paul Claudel.
Belle propriété aux trois-quarts complantée de vignes et d’amandiers, elle était avant la révolution, le bien du parfumeur Jean-Alexandre RICORD. Elle a appartenu ensuite aux prêtres de la congrégation du Bon Pasteur, qui venaient y réfléchir et travailler leur foi.

Monsieur RIPERT, devenu supérieur du Petit séminaire, y vint en retraite avec ses élèves jusqu’en 1928.
Mutations suivantes Monsieur CLAMIIER la posséda à la fin du XIX siècle et la revendît à
Antoine BOUJAC, loueur de chevaux, qui la céda ensuite à un laitier, Emest BOETTO en 1913.

JOLI BOIS
55, chemin de Pont de Vivaux à Saint Tronc.Au sein d’une jolie pinède, fut la propriété de Monsieur Bernard SORVAER dans les années 1950, avant d’être lotie au début des années 1970.

LA MALGUE
118, rue François Mauriac
A pris le nom de l’ancien lieu-dit MALGUES à la révolution.
Elle était la résidence d’été du bijoutier MOURE au début du siècle. Passa à Monsieur VOGEL dans les années 1950. Lotie depuis.

LA PIBOULO
Rue François Mauriac ( le club )
Villa du Docteur Jules CHAPPLAJN et de son épouse. Le pêre du Docteur CHAPPLAIN était r.é cri 1819 à Marseille, docteur en médecine lui aussi, Directeur et Professeur de l’Ecole de Médecine, il reçut la Médaille d’Argent de la Ville pour son action pendant l’épidémie de choléra en 1850.
L’ingénieur R.Bouvain rachètera la propriété CHAPPLAIN.
Le lotissement « Le Club  » vint ensuite remplacer LA PIBOULO.

LE PLANOL
Rue François Mauriac.
Mas du médecin radiologue G. RAMIBAL et de la famille RUGNEN, dans les années 1930.

PREBOIS
Campagne du minotier STORIONE et de son épouse née CRAILLE. Passa au ColoneL ROUGIER dans les années 1950. Le lotissement Prébois à depuis remplacé la bastide.

LES THUYAS
Ancienne propriété JOURDAN THUMIN, louée au début du siècle par la famille GUIOL (Famille Chanoine GUIOL). On y voyait les ruines de la chapelle du couvent des Bénédictines qui se trouvait à Saint Tronc.

3 CAMPAGNE JOUXTANT SAINT TRONC

La Candole : ou Campagne Allione (Les Grands Pins)

D’après les recherches effectuées aux archives en 1988 par Henri Luppi, la bastide devait se situer sur la gauche en montant la dernière partie de la traverse Chevalier, à l’emplacement actuel de l résidence des Grands Pins. La campagne qui s’étendait 3 Hectares appartenait dfans les années 1950 au laitier J. Allione.
H Luppi nous dit que le domaine et sa bastide était détenue dans les années 1800-1825 par le Sieur Pierre Balthazar Chanet. La Candole se transmit ensuite aux héritiers. La Bastide fut finalement vendue en 1897 à leur voisin , Mr Joseph Rouvier. Celui-ci la vendit à son tour dans la première moitié du XX eme siècle et la bastide prit le nom de « campagne Allione « 

Campagne Hugues

Campagne Leydet ou Meistre (Traverse Chevalier)

Située à proximité de La Candole, cette Bastide fut détruite lors de la construction des Grands Pins. JB Luppi nous apprend que le propriétaire a été Mr Paul Siméon Jacques Meistre qui la légua ensuite à une de ses descendante en 1886 ; Elle fut par la suite vendu à au poète -Félibre Jean Monné ( poète en Provençal disciple d’ Alphonse Daudet ) Il taquina la Muse dans sa bastide dans laquelle il vécu jusqu’à sa mort en 1916.

Campagne Perasso : ( Traverse de Chante -Perdrix )

La Bastide appartenait à la Comtesse Filippi, veuve du Comte Filippi, avocat à la cour à la fin du XIX eme siècle.. Au même moment, La famille Perasso qui venait de créer leur entreprise dans les collines de Saint Tronc acheta la Bastide.

Campagne La Pintade ou Campagne Bourjac (Traverse la Pintade) jouxtant l’actuel plateau sportif en construction
Henri Luppi nous donne des explications sur l’étymologie de l’appellation de la campagne. et de sa Bastide. Pintade ou Pïntado signifie  » fraîchement repeinte  » Cette bastide été le bien de la famille Bourjac. Mme Veuve Boyrjac en hérita puis la transmit à son tour à Mme Confans dont la fille devint la femme du Vicomte De Chanay en 1908 ;

Canto-Perdrix

Campagne La Raffine – extrémité de la Traverse Chevalier (après le canal)
Les recherches d’Henri Luppi au sujet de cette bastide sont étonnantes. La bastide était située au lieu- dit  » viol de patat  » devenu ensuite la Traverse Chevalier. La bastide était située au lieu- dit  » viol de patat  » devenu ensuite la Traverse Chevalier. Cette bastide qui existe toujours fut le berceau et la demeure de l’abbé Jean -Jacques Cayol qui y naquit en 1812 et y mourut en 1869. Professeur de Philosophie au collège Catholique de Marseille, il est surtout l’auteur d’une monographie sur l’histoire du quartier Saint Loup.

Sources : « Saint Loup et ses bastides » et  » Les bastides de Sainte Marguerite »
Henri Luppi – Comité du Vieux Marseille
. 1983

Les bastides de Marguerite. Joyaux du terroir Marseillais, Henry Luppi ,Comité du Vieux Marseille, 1983

 » Les Obus rouges »

Par Remy Alacchi – @ Tous droits réservés – D’après le journal de Mr Prevot- Leygonie habitant de Saint Tronc qui en 1944 a consigné sur son journal les événements narrés ci-dessous

Vers 22h, ma chambre se trouve tout à coup violemment illuminée. J’allais me mettre au lit. Au-dessus de la ville, tombent lentement une trentaine de fusées-parachute. Le spectacle est féerique. Un quart d’heure plus tard, la DCA entre en danse. On entend à peine le ronronnement des avions, tant le tintamarre remplit les oreilles. Cela dure une petite demi-heure, puis plus rien.

15 août

Fête de l’Assomption. En allant, à la messe, j’apprends que la gare St Charles a encore servi de cible, cette nuit, aux aviateurs américains. La gare n’est à peu près pas touchée, mais les quartiers environnants ont beaucoup souffert. Le nombre des victimes est toutefois moins élevé qu’au 27 mai. Les Marseillais ont appris à se mettre à l’abri. J’apprends également la nouvelle plutôt surprenante du débarquement sur les côtes de Provence. Grosse émotion un peu partout; les Marseillais croyaient que la grande bagarre serait réservée aux « gens du Nord ».

16 et 17 août

Marseille est constamment survolée par les avions alliés. Ils passent toutefois Sans chercher à s’arrêter. Alertes sur alertes, le travail des bureaux devient pratiquement impossible. On passe ses journées dans les caves.

18 et 19 août

Alertes plus rares. Les Alliée approchent. Ils ne seraient, d’après Alger, qu’à 30 kms de Marseille. Dans les rues, les Allemands raflent les bicyclettes. Serait-ce pour s’enfuir plus vite ? Leur butin, en attendant, est plutôt maigre. La nouvelle s’est vite répandue, et les vélos sont très rapidement invisibles sur les grandes artères. Je laisse le mien rue Montgrand et reviens à pied.
Les tramways ne fonctionnent plus, les dépôts ayant été sabotés par les FFI.

20 août-21 août

Journée calme. L’émotion commence tout de même à étreindre la population. Où peuvent-« ils » être maintenant ? Que va-t-il se passer ? Les Allemands s’en vont en foule. Mais partiront-ils tous ? Et ceux qui resteront se défendront-ils ?

Matinée agitée. Quatre employés seulement sont venus au bureau. Quelques banques sont encore ouvertes. On voit des gens affairés retirer leurs fonds précipitamment. La populace pille les chocolateries. Les paquets sont lancés de l’intérieur, et des centaines de mains avides se tendent pour les prendre au vol.

La bagarre commence du reste assez rapidement. On entend le canon dans le lointain. Plus près, des rafales de mitrailleuses éclatent par moments. Des batteries attelées remontent vers St Tronc. Les cavaliers excitent leurs montures dans la côte. Combien de temps encore entendrons-nous cette langue gutturale ? Un char d’assaut remonte, lui aussi, derrière les canons. Ses chenilles claquettent piteusement sur l’asphalte. En passant sous mes fenêtres, les Fritz poussent des cris et déchargent leurs Nausers. Avis sans doute aux gens trop curieux. J’entends une voisine fermer précipitamment ses volets, elle a compris.

Le sirocco se met à souffler en tempête. Chaleur étouffante. Le ciel se charge de nuages grisâtres, tandis que les tirs reprennent de plus belle vers la ville. Les FFI ont dû déclencher leur attaque. Sur le soir une violente explosion fait osciller la villa. Je bondis dans le jardin. Une énorme colonne de fumée s’élève dans le ciel. Serait-ce l’usine des Aciéries du Nord qui vient de sauter ? Les Aciéries se distinguent pourtant très bien, et bien davantage sur la droite. Ce doit être plutôt un des bâtiments du parc Chanot où les Allemands avaient installé un dépôt de matériel et probablement de munitions. Dans le quartier le bruit circule que les FFl sont maîtres de la Préfecture. On évite de sortir dans la rue, en tout cas à la hâte, mais les nouvelles sont vite colportées. Un mot en courant et voilà les gens renseignés.

22 août

Nuit agitée. De grosses pièces allemandes ont tiré presque sans interruption, pilonnant sans doute la route d’Aubagne. Les éclairs des départs, là-bas sur la côte et juste en face de mon lit, le tintamarre des explosions ébranlant les murs de la maison, la chaleur, les moustiques, m’ont empêché de fermer l’œil. Les tirs continuent presque toute la matinée, couvrant les castagnettes des mitrailleuses. Sur le soir, celles-ci se font plus précises. Plus de courant électrique dans la maison, et partant plus de radio. Mais ceci est plus grave : plus de pain, et pour combien de temps ? L’eau coule encore : c’est déjà bien quelque chose.

23 août

Nuit plus calme. J’ai à peu près dormi, malgré la chaleur étouffante 28° à 7h du matin dans Ma chambre. Le canon recommence sa fantasia, puis accalmie, mais vive fusillade vers la ville. Les blindés alliés doivent être là. Les tirs des chars se distinguent nettement. Vers 10h le drapeau français flotte sur le château d’eau des Aciéries du nord. Du jardin on voit nettement nos trois couleurs onduler sous le sirocco. Les tirs se précisent. On suit à peu près, à l’oreille, l’avancée des blindés. Une colonne doit monter vers St Tronc par St Loup. J’entends nettement ses canons derrière les grands pins de la Sauvagère. A St Tronc les Allemands ont installé un véritable repaire autour du château de la Roche. Galeries souterraines, blockhaus, rien n’y manque. Mais tout cela a été prévu pour un débarquement se faisant sur la plage du Prado et non pour résister à des troupes venant de l’est. Une autre colonne doit monter vers l’église de Ste Marguerite. On entend très bien l’écho des obus éclatant entre les murs du chemin. De temps à autre des fusants éclatent au-dessus du Boulevard Rabatau.

Le tir des blindés est inlassable. Vers 4 heures, Reine, ma femme de ménage, arrive et m’annonce que les Allemands ont fusillé trois hommes à St Tronc. Ces pauvres diables se trouvaient dans la rue et discutaient « le coup », ainsi qu’aiment à le faire tous les Marseillais. On les a emmenés dans le jardin du docteur Rampal, alignés contre le mur et fusillés. L’un d’eux était grand blessé de l’autre guerre. Reine traverse la rue à la course, mais dans ces jours de bataille, elle ne manquera jamais de remplir son service. Personne du reste dans les rues. Les gens se terrent. Et puis quelle chaleur ! Une fumée opaque s’élève vers la Panouse. Elle nous gagne peu à peu, et la suie retombe dans le jardin. On a peine à respirer. Vers 19h le vent se calme; des cris éclatent dans la rue. Je me précipite. Les voisins se serrent les mains, s’embrassent. Des femmes pleurent. Que se passe-t-il ?
On me dit que le général allemand a capitulé et que le combat est fini. Cependant la chose ne parait pas bien claire. On entend encore le canon de divers côtés. Après mon dîner, que j’avale en grande vitesse, je reviens me mêler aux groupes de la rue. Tout à coup des départs éclatent tout proches. Des obus passent au-dessus des Micocouliers. On les voit nettement l’espace d’un éclair, rougis sous l’éclat du soleil couchant. La pièce d’artillerie doit se trouver vers la Grande Bastide (probablement Bastide Saint Thys) et tire vers le chemin de St Loup. Cette soi-disant reddition parait bien louche. En tout cas, qu’une patrouille allemande montre le bout du nez et qu’elle aperçoive tous ces gens attroupés, nous sommes sûrs de notre affaire.

Une femme a déjà sorti un drapeau. J’engage tout le monde à rentrer et donne l’exemple. Il me semble du reste que s’il y avait un ordre de « cessez le feu », on entendrait les cloches ou une sonnerie quelconque.
Le courant électrique est revenu, mais si faible qu’il rougit à peine le filament des lampes. Impossible d’écouter la radio. L’eau maintenant s’est arrêtée.

Le tir des blindés est inlassable. Vers 4 heures, Reine, ma femme de ménage, arrive et m’annonce que les Allemands ont fusillé trois hommes à St Tronc. Ces pauvres diables se trouvaient dans la rue et discutaient « le coup », ainsi qu’aiment à le faire tous les Marseillais. On les a emmenés dans le jardin du docteur Rampal, alignés contre le mur et fusillés. L’un d’eux était grand blessé de l’autre guerre. Reine traverse la rue à la course, mais dans ces jours de bataille, elle ne manquera jamais de remplir son service. Personne du reste dans les rues. Les gens se terrent. Et puis quelle chaleur ! Une fumée opaque s’élève vers la Panouse. Elle nous gagne peu à peu, et la suie retombe dans le jardin. On a peine à respirer. Vers 19h le vent se calme; des cris éclatent dans la rue. Je me précipite. Les voisins se serrent les mains, s’embrassent. Des femmes pleurent. Que se passe-t-il ?
On me dit que le général allemand a capitulé et que le combat est fini. Cependant la chose ne parait pas bien claire. On entend encore le canon de divers côtés. Après mon dîner, que j’avale en grande vitesse, je reviens me mêler aux groupes de la rue. Tout à coup des départs éclatent tout proches. Des obus passent au-dessus des Micocouliers. On les voit nettement l’espace d’un éclair, rougis sous l’éclat du soleil couchant. La pièce d’artillerie doit se trouver vers la Grande Bastide (probablement Bastide Saint Thys) et tire vers le chemin de St Loup. Cette soi-disant reddition parait bien louche. En tout cas, qu’une patrouille allemande montre le bout du nez et qu’elle aperçoive toue ces gens attroupés, nous sommes sûrs de notre affaire.

Une femme a déjà sorti un drapeau. J’engage tout le monde à rentrer et donne l’exemple. Il me semble du reste que s’il y avait un ordre de « cessez le feu », on entendrait les cloches ou une sonnerie quelconque.
Le courant électrique est revenu, mais si faible qu’il rougit à peine le filament des lampes. Impossible d’écouter la radio. L’eau maintenant s’est arrêtée.

Vers 20h30, les tirs reprennent violemment vers le Pont-de-Vivaux: Mitrailleurs, fusils-mitrailleurs, canons de chars. Ils se rapprochent. Non, décidément, ce n’est pas fini. Voilà maintenant des coups de feu tout proches.

22h. Je me couche, mais à peine au lit, voilà les grosses pièces de marine qui entrent en branle. Toute la nuit, elles ébranleront la maison. L’une d’elles est si bien en face de mes fenêtres qu’on peut se livrer au petit jeu du repérage au son. Du reste il n’est pas question de dormir. Voyons, comptons les secondes. Voilà un départ. l,2,3…2,3,2,4. Cela fait 8 kilomètres. Elle doit être à la Madrague. Pourtant cette distance parait bien grande pour cette banlieue. Alors serait-elle en mer ? Le Planier est trop loin. Je n’y comprends rien. Les moustiques s’en mêlent. Ces messieurs n’aiment pas la musique. Il n’y a vraiment pas moyen de dormir?

24 Août :

A l’aube, les tirs reprennent un peu partout. Je me lève et vais respirer dans le jardin. Cette pièce m’intrigue. Elle tirait cette nuit dans l’axe de la maison, car je percevais très nettement le sifflement des obus passant au-dessus de ma tête. Les coups d’arrivée étaient assez éloignés. Le but devait être la route d’Aubagne, par où arrivent les renforts alliés. Prenons la carte. L’éclair de la pièce se voyait dans l’axe du clocher de Ste Marguerite. Mais oui, c’est bien cela, je me trompais de quelques degrés. L’extrémité de la Madrague, autrement dit le Mont Rose, est bien à 8 kms de la maison, et le clocher de Ste Marguerite est parfaitement dans l’axe de tir.

A l’autre bout de la ligne droite, on trouve St Loup. C’est là que devaient tomber les marmites. Que peuvent faire les habitants sous un tel martelage ? Une autre grosse pièce conjuguait son tir avec celle-là. D’après la direction des éclairs, elle devait se trouver dans une des îles de la rade, Pomègue ou Ratonneau.

Un avion survole la ville. La DCA rage à sa poursuite. Une grosse pièce se met à cracher dans la direction de St Pierre. Elle m’a tout l’air de prendre à partie celles de la côte. Les alliés ont dû amener cette pièce pendant la nuit, et l’avion lui sert à régler son tir. Puis tout se calme. Tiens, la cloche de St Giniez !
Elle a de la chance de pouvoir sonner la messe.

Sainte-Marguerite n’en est pas encore là. Après quoi, je m’endors une petite heure dans mon fauteuil. Ah! Voilà encore un avion. Il est bas, l’animal, et la DCA s’acharne sur lui. Il tourne pendant près d’une heure. Voit-il ? Ne voit-il pas? Les éclats des fusants tombent sur les branches du jardin. Toute la matinée, le jeu continue, pendant que le cap Croisette reprend son marmitage infernal. Que fait la flotte anglaise ? Il semble qu’une batterie comme celle-là devrait être rapidement réduite au silence. Il est vrai que Toulon intéresse davantage nos alliés que Marseille.

11h. Reine m’apporte triomphalement un magnifique pain blanc. Il est fait, dit elle, avec de la farine américaine laissée à Marseille par les Suisses. Grande joie de pouvoir manger du pain!

Mais alerte, le combat se rapproche. Les blindés doivent être sur le chemin de St Loup à Ste Marguerite. Le bruit s’éloigne. Cerneraient-ils le camp de Montfuron ?
L’après-midi, même jeu. Se bat-on dans Sainte-Marguerite ? Je n’arrive pas, au son, à distinguer nettement ce qui se passe. Avions et batteries, comme ce matin.

25 août

Nuit superbement calme, et relativement fraîche. J’ai dormi comme un loir.
Vers 7h. branle-bas vers St Tronc, le canon tonne, ébranle tellement la maison
qu’il me fait sauter à bas du lit. Des pas nombreux se font entendre sous mes fenêtres. Mais ce sont les troupes françaises Je m’habille en grande hâte et descends dans la rue. Défilé splendide. Les chars au centre, et l’infanterie défilée contre les murailles, en tirailleurs. Dans les haltes, les civils s’approchent et fraternisent. Des femmes jettent des fleurs, mais où peuvent-elles en trouver dans nos jardins altérés ? Ces troupes sont splendides. Ce sont des Algériens, tandis qu’à Ste Marguerite campent les Marocains qui ont libéré le village. Les drapeaux sortent à toutes les fenêtres. On crie : « Vive la France ». Les yeux se mouillent. Cette route détournée a été choisie pour entrer à Marseille afin d’échapper aux tire des grosses batteries. Nous avons ainsi la joie de ce beau spectacle. Des avions pilonnent les collines vers Notre Dame de la Garde et les îles.

La DCA continue à pourchasser les avions. Les civils restent maintenant dans a rue tant la joie leur fait oublier le danger.
9h. Le défilé, assez décousu, continue toujours. Les chars n’avancent du reste qu’au tout petit pas. Je déjeune en vitesse, et cours jusqu’à l’église par le Bd Barbier. Des Marocains sont là, qui se dirigent en tirailleurs vers le Bd Michelet. Splendides hommes, aux yeux sauvages, racés, merveilleusement disciplinés. Une canonnade éclate dans la même direction. Ils attaquent, me dit un civil, une propriété tenue par les Allemands.

17h30. Grand branle-bas vers l’église. Cris, acclamations, le feu s’arrête brusquement. Les cloches se mettent en branle. Le feu précipite dans la rue. Tout le monde sort. On se congratule, mais gare aux patrouilles : le chemin de St Tronc n’est pas libéré. Ce sera peut-être pour ce soir. La température a quelque peu fléchi:
30° à peine, dehors.

20h. Un camion de « patriotes », armés jusqu’aux dents, monte vers St Tronc. Ils vont se faire écharper ? Deux coups de feu, et tout redescend à tombeau ouvert.
La bataille continue, violente, vers le nord et l’est. Notre banlieue est presque tout à fait calme. Tant que ces Allemands de St Tronc sont là, on n’est tout de même pas très tranquilles. Qu’il fait bon, en tout cas, respirer dans le jardin!
La radio d’Alger annonce la libération de Marseille. Elle va bien vite en besogne. Le courant électrique est un peu plus fort, et en plaçant le « chauffage » à fond et avec un peu de patience, on entend ou plutôt on devine la voix du speaker. La Roumanie a capitulé, dit-il; les Allemands s’effondrent partout. L’aube de la libération totale n’est peut-être plus très éloignée, pour notre pauvre patrie.

10h. Je reviens aux Magnolias. Le défilé est terminé. On tire toujours très violemment du côté de la ville.

11h. J’étais dans le jardin à regarder la statue de Notre Dame de la Garde qui profile toujours sa pacifique silhouette entre les pins de la  » Valentine  » lorsque des fusants éclatent au-dessus de ma tête. Est-ce moi qui ai déclenché ce tir stupide ? A la jumelle, on a très bien pu me voir de 1à-haut, où les Fritz ont installé un observatoire. Je rentre. Encore un fusant, puis un autre. Décidément, il vaut mieux descendre à la cave. A peine en bas de l’escalier, grosse détonation. L »éclair illumine la cave. S’ils cherchent le carrefour, ces messieurs s’y prennent vraiment un peu tard. Les troupes françaises sont passées il y a belle lurette. Ah cela se calme, nous pouvons remonter.

14h. La bataille continue, furieuse, vers la Vierge de la Garde. Des Marocains montent vers St Tronc où sont toujours nos Allemands.

15h. Un bruit de bottes dans la rue. Je m’étais assoupi. Mais ce sont des prisonniers! Eh bien, les Marocains n’ont pas mis longtemps pour débusquer ces cocos-là. Il en passe, il en passe, mais combien étaient-ils donc ? (dans le tunnel-bunker) Nous sommes là toute une bande de civils à les regarder, un peu effrayés rétrospectivement à la pensée d’avoir dormi, encore cette nuit, si prés de ces gens-là. Ils sont au moins 800, peut-être davantage. En tête, les officiers, très cranes, comme toujours, puis les sous-officiers, effondrés, enfin les soldats, inertes, indifférents.

Les femmes du quartier leur crient des insultes. Les pauvres diables devraient, pour l’instant, inspirer plutôt la pitié. Beaucoup ont perdu leur calot, ils suent à grosses gouttes, tramant sous leurs bras des couvertures, des godillots, ces ineffables bottes allemandes qu’on a tant entendu marteler nos rues de Marseille. C’était alors le bon temps pour eux, le soleil, loin de la Russie meurtrière, ils chantaient. Leurs chœurs étaient du reste très beaux, à plusieurs voix.

Ils n’ont guère envie de chanter maintenant. L’un d’eux, un gamin de 18 ans, défile devant moi, portant précieusement une vieille boite de conserves qu’il tient bien droite, évitant de la renverser. Je me suis demandé, pendant quelques instants, ce qu’il pouvait porter là-dedans. Mais ce devait être tout simplement un peu d’eau. N’ayant pas prévu, dans leur tanière, un approvisionnement suffisant pour tant de monde, leurs chefs avaient été acculés, par la soif, à la reddition sans combat. Ce gamin emportait ainsi un trésor, étant d’autre part bien persuadé qu’on ne lui donnerait pas à boire de la journée. Reine prétend avoir entendu, cette nuit, grincer la chaîne de son puits. Quelques Fridolins avaient dû sauter son mur de clôture et se mettre en train de tirer un seau d’eau. La bonne Reine n’a pas bougé, et elle a bien fait, de toutes façons.

Les Marocains mènent tout ce bétail, comme ils feraient d’un troupeau de chèvres. Tous s’engouffrent dans le boulevard Barbier, car les FFI veulent se montrer à leur tête dans la traversée de Ste Marguerite. On peut bien leur donner cette satisfaction.
Sur le soir, récupération des chevaux, des armes, du matériel. Les FFI s’en donnent à cœur joie. Spectacle pittoresque de ces cavaliers, souvent novices, avec un simple brassard tricolore, quelquefois un casque de défense passive sur la tête, mais ni selle, ni étrier, les pieds nus dans des sandales.
La bataille tombe. Il faut l’apparition d’un avion, pour réveiller de temps à autre les batteries allemandes. –

26 août :

21h. La bataille maintenant se précise vers la Madrague. Une batterie française, placée au Pont de Vivaux, semble appuyer l’attaque des blindés. Ses obus sifflent au-dessus du jardin toutes les 2 ou 3 minutes.

22h. Cette batterie a réveillé les pièces de marine du Cap Croisette. Quatre coups bien placés, et elle se tait. Sans doute n’était-elle pas de taille à lutter contre ces molosses ? Nuit encore agitée. Les tirs ont continué de coté et d’autre. Grosse chaleur. Moustiques.

8h.Je me décide à descendre en ville. Hier le passage était interdit. Aujourd’hui, me dit-on, les barrages du Bd Rabatau sont supprimés. Les rues sont vides. Boulevard Périer, on voit nettement les traces de la fusillade. Quelques trous d’obus au milieu de la chaussée. Un tireur allemand se trouvait, paraît-il, embusqué tout en haut du boulevard, qu’il enfilait avec son fusil-mitrailleur. On l’a retrouvé mort dans sa tranchée. Les(x) sont sains et saufs Ils ont ramassé un grand nombre d’éclats d’obus dans leur jardin et dans la rue Mireille. Les batteries de Notre Dame de la Garde se sont rendues hier soir, mais le fort St Nicolas tire toujours, enfile la Canebière qu’on ne laisse traverser qu’à la course et individuellement. Dans le tunnel du Carénage, un grand nombre de civils se sont réfugiés. On les ravitaille très difficilement. L’oncle (x) a essayé d’aller rue de Ruffi, à l’atelier de la Soudure Autogène du sud-est.

Boulevard de Paris, les Allemands tiennent toujours un immeuble et on ne peut aller bien loin. L’oncle a renoncé.

Je vois des Marocains remonter le Bd Périer ; ils vont déloger les  » Boches  » des collines boisées qui surplombent le Roucas. Je vais ensuite au bureau. Les locataires de l’immeuble sont là, assis sur les marches de l’escalier, prêts à descendre à la cave. Le quartier a été arrosé les jours précédents par les obus de 77, et les braves gens, en général des personnes âgées, ne vivent pas tranquilles. Ils paraissent exténués. Sur la place de la Préfecture, spectacle pittoresque des chars alliés en position de combat, des canons anti-chars. Les autos officielles vont et viennent, les FFI aussi. La matinée est singulièrement calme. Quelques avions nous survolent, et la DCA se fait bien maigre.

Place Castellane, on voit encore des débris de barricades. A l’entrée de l’avenue de Toulon, les deux grandes pharmacies sont en ruines. Les boches s’y étaient barricadés et s’y sont battus désespérément.

27 août- 28 août :

Je poursuis ma route. Au parc Chanot, j’aperçois des prisonniers allemands qui font leur promenade, sous la garde de sentinelles. Les bâtiments ont peu souffert, à l’exception de celui qui a sauté lundi dernier.

Nuit agitée encore par les batteries. Le Frioul tirait des fusants sur les pièces françaises, po4es dans le parc Borely. Vers minuit, des chars sont passés sous mes fenêtres, dans un bruit infernal. Puis un peu de calme. Vers 7h. le vacarme recommence, avec peu de variantes. On entend des tirs de mitrailleuses vers le Vieux Port. La journée est très belle. Ciel d’une pureté admirable. Comment des humains peuvent-ils s’entretuer sous un ciel pareil ?

l7h. Le fort St Nicolas s’est rendu. Le calme succède au vacarme. Il reste, parait-il, quelques îlots de résistance autour du port. Nuit calme, la première depuis bien longtemps. Je vais en ville. La vie reprend tout doucement. Les véhicules sortent timidement. On a arrêté, dit-on, quelques personnalités marseillaises, accusées de collaborationnisme.

19h. Les cloches de Ste Marguerite sonnent à toute volée. Les églises des environs leur répondent. Cette fois-ci, plus de doute. Marseille est définitivement libérée.

LA LIBÉRATION DE SAINT TRONC 1

Par Remy Alacchi – @ Tous droits réservés – 1998

L’ARRIVÉE DES ALLEMANDS

Qui pourrait croire que notre paisible quartier de Saint TRONC a été pendant la guerre de 1939 – 45, le théâtre d’événements aussi dramatiques qu’extraordinaires. En effet les troupes allemandes arrivent dans le village le 12 novembre 1942, ils investissent tous les lieux susceptibles de leur fournir un maximum de confort à moindre frais. C’est ainsi qu’ils réquisitionnent le « château des Roches » (Castelroc Haut), les bastides de la « Germaine  » « Val des Pins » (JB Fouque) « Canto – perdrix ». Parallèlement les Allemands démarrent le creusement du tunnel des  » Roches « , véritable ligne Maginot qui fend la colline de Sainte-Croix de part en part entre St Tronc et les 3 Ponts et dont le mérite revient au STO (service du travail obligatoire) que les Allemands ont réquisitionné pour l’occasion.

Véritable prouesse technique, il est intéressant de comprendre comment les travaux se sont réalisés : tout d’abord des tirs de mine entaillaient le roc, les ouvriers plaçaient les déblais dans des wagonnets reliés à l’extérieur par une voie ferrée (le montant en fer qui servait de support à la poulie et qui permettait les allers et venues des wagonnets est toujours visible à l’entrée du tunnel) Les pierres et la terre ainsi retirées étaient par la suite jetée sur les bords du chemin qui relie Castelroc au 3 ponts. Cela pourrait expliquer le haut remblai que l’on pouvait encore apercevoir en contrebas du chemin il y a quelques années. Ces opérations terminées, les ouvriers cimentaient les murs du tunnel, aménageaient les pièces, tiraient les fils d’électricité et de chauffage ; on pouvait encore apercevoir toutes ces installations récemment en visitant le tunnel.

Pendant l’occupation le tunnel-abri renfermait un véritable arsenal, 800 soldats allemands y étaient parqués et vivaient en autarcie dans cette ville souterraine qui fabriquaient elle-même son électricité, avait sa salle d’opération chirurgicale, ses salles de repos, de réunions, ses douches, ses chambres à coucher et ses kilomètres de galeries sur 3 niveaux.

La tension monte dans le quartier, l’état major allemand réfugié dans le tunnel sait que les GOUMS DU VIème Tabor approchent et de nombreux bastions ont déjà été pris notamment à St Marcel. L’ambiance est délétère et les Allemands tirent à vue. Le docteur DUPEYRAC qui travaille dans son jardin (à la hauteur de l’actuelle poste) est « tiré comme un lapin » par des soldats allemands complètement affolés par l’avancée des alliés. Son locataire Aime Tambon part chercher du secours au bar de St Tronc, il y rejoint germain FAURE et décident tous deux d’aller chercher le docteur GLAYSE-RAMBAL qui loge à la bastide du PLANOL (actuelle entrée du club) ; ils seront à leur tour « tirés à vu » par les soldats allemands. Les deux malheureux sont ramenés au bar où leur dépouille est déposée en attendant que la situation se calme.

NOTONS QUE CES 3 HOMMES SONT MORTS POUR RIEN 3 JOURS AVANT LA LIBÉRATION DE ST TRONC, –
Une plaque honore d’ailleurs leur mémoire sur la façade du bar de ST TRONC –

LA LIBÉRATION DE SAINT TRONC

Le 24 août au matin, les Goums du VIeme Tabor foncent depuis St Loup à travers la colline, direction les 3 Ponts, mais les accidents du terrain empêchent l’émission des ondes radios, de plus l’ennemi freine l’avancée des Tabors, seule une unité parvient à passer, les deux autres se rabattent sur le col de la Gineste.
Parvenu aux 3 ponts vers 9 heures du matin, le 11° Goums se retrouve isolé ayant des ennemis devant, derrière et sur le flanc gauche. Heureusement les renforts de l’armée régulière arrivent à 10 heures, pendant ce temps des mortiers installés à St Loup pilonnent violemment les Allemands accrochés sur le flan ouest (au-dessus de la Becotte). LOUIS NEVANO qui a vécu les évènements en direct raconte :

Les Allemands avaient même creusé une galerie de 300 marches dans la roche pour accéder au sommet de la colline ; cela débouchait sur un promontoire qui présentait une vue à 380 degrés qui leur permettait de surveiller un éventuel débarquement des alliés par la mer (nous verrons plus loin à quel point ils se sont trompés). Une batterie DCA était placée sur le promontoire et interdisait tout accès vers l’entrée du tunnel en contrebas.

Malgré cette encombrante présence, la cohabitation des habitants de Saint Tronc avec l’occupant se fait bon gré mal gré et il n’est pas rare de croiser des soldats allemands allant s’enivrer au bar de St Tronc ; cela dit le couvre – feu est instauré et personne n’ose véritablement s’aventurer dans les rues à la nuit tombée. La relative correction des soldats ennemis va rapidement se transformer en une farouche paranoïa dés lors que la préfecture tombe aux mains des alliés le 21 août 1944, les Allemands se sentant menacés deviennent agressifs et méfiants.

 » La bataille était apocalyptique, les tirs de mortier fusaient de toutes part, les alliés tiraient de ST LOUP et de ST MARCEL, les Allemands ripostaient d’une batterie située sur le promontoire du tunnel, ainsi que de la batterie située au château de L’ETOILE  » La légende dit d’ailleurs que le bunker de cette batterie allemande se trouve toujours dans le vide sanitaire du collège Vallon de Toulouse. LOUIS NEVANO rajoute  » Nous n’osions plus sortir de chez nous, la confusion et la crainte étaient grande ! « 

La population assiste quant à elle fiévreusement à la bataille qui s’engage et ce parfois au mépris du danger. Certains, plus zélés aident les Tabors dans leur prise du tunnel. La situation de l’ennemi ne tarde pas à être désespérée, une batterie allemande résiste encore, des civils tentent de négocier une reddition avec le capitaine allemand, celui ci refuse et l’assaut est donné. Après un bref combat, au cours duquel le chef ennemi est abattu, la batterie tombe entre les mains des français.

Les derniers allemands se réfugient dans le tunnel, mais le celui-ci a souffert des attaques alliées, l’eau et l’oxygène viennent à manquer; les troupes françaises le savent et temporisent. Enfin, devant le critique de la situation les Allemands se rendent rapidement : 3 colonels, 7 officiers et 1156 soldats s’extirpent alors du tunnel pour déposer les armes au pied du capitaine français responsable de l’assaut.

L ‘impressionnante cohorte ennemie humiliée et harassée par les combats descend alors de la colline et arrive dans le village sous les huées des habitants de ST TRONC. En tête, les officiers tentent de garder leur dignité, suivent les soldats dont certains ont à peine 18 ans.
Des tonnes d’armes et de munitions allemandes seront par la suite regroupées dans l’école. On ose à peine imaginer l’usage qu’ils en auraient pu en faire.
A 20 heures de ce 24 août 1944 la victoire alliée est totale et St Tronc est libéré du joug allemand.

Remy Alacchi – 1998
Tous droits réservés