CHATEAUX ET BASTIDES MARSEILLE
Historique de la bastide la MAGALONE – Prochainement
1 – Introduction
Je n’irai pas dans ce présent article très en profondeur dans l’analyse historique. Je me contenterai d’une simple synthèse des divers ouvrages qui existent sur la question. En effet nous sommes assez éloignés de mon terrain de recherche habituel, en outre, d’autres passionnés d’histoire ont ou vont traiter le sujet bien plus précisément que je ne pourrai le faire.
Cela dit, ma passion pour les bastides et les châteaux de Marseille me pousse à examiner plus avant l’histoire de cette remarquable demeure.

Restée à la postérité sous le nom de Magalone, nous allons voir dans les lignes qui suivent que celle-ci est bien plus complexe à comprendre qu’il n’y paraît.
La demande d’une de mes amies sur l’histoire de la bastide me donna l’idée de creuser plus avant et plus profondément la question. Pour ceux qui connaissent l’endroit il existe à l’entrée du parc de La Magalone un panneau municipal qui renseigne succintement le visiteur sur la destinée de la propriété. Nous allons tenter d’approfondir et d’être plus précis.
il est très difficile pour un marseillais du 21e siècle qui connaît la topographie et l’organisation spatiale de ce quartier d’en abstraire une représentation différente. Il est également complexe pour le non -historien de se projeter dans les siècles passés. C’est ce biais là que nous allons tenter de circonscrire avant d’entamer notre réflexion.

Les lieux tels qu’ils étaient dans les siècles passés n’ont peu de rapport avec l’organisation contemporaine. Ainsi les morcellement successifs de propriétés jadis immenses, le creusement de profonds boulevards ou la construction d’immeubles ont massivement modifié le paysage. . Cette hyper- centration sur l’organisation urbaine actuelle rend difficile la compréhension passée. Nous avons tendance et moi le premier à envisager le passé à la lumière de ce que nous percevons aujourd’hui.
C’est ainsi que notre cerveau créé des représentations spatiales en fonction des éléments routiers qui régulent la circulation. De nos jours, ce coin de Marseille se distribue autour de l’axe Michelet qui partage en deux le quartier. La fluidité des déplacements s’organise autour de cette axe majeur qui s’étend sur plusieurs kilomètres. Celui -ci nous sert également de point de repère.
Notre compréhension de l’espace urbain est donc naturellement conditionné par cette contrainte routière.
Récemment, j’ai eu l’opportunité d’observer des photos prises d’avion du quartier en 1923 ( INA, remonter le temps ) je dois l’avouer, j’ai eu beaucoup de mal à m’y retrouver. Les axes principaux actuels n’existant pas, l’œil a du mal à comprendre l’ensemble .
La complexité réside essentiellement dans le fait que le territoire ne s’organisait pas jadis de la même façon. Actuellement, les résidences existantes se répartissent sur un axe nord-sud suivant l’axe Mazargues – Prado ( ou inversement ). Nous sommes sur une organisation spatiale logique qui crée des parcelles visibles et bien repérables . Il n’en est pas de même avec les anciennes parcelles qui ne se répartissaient pas dans le terroir en fonction d’une logique routière mais selon les successions, les héritages ou les cessions . Ainsi le territoire d’alors ne présentait pas la même cohésion d’ensemble que de nos jours. Pour comprendre le passé, même avec une carte et un plan, cela oblige notre cerveau à sortir des heuristiques habituelles.
Ainsi les parcelles actuelles existantes sont très différentes de celles des siècles passés . De nos jours il est très facile sur Google earth de repérer un axe central ( une route, une autoroute ou un boulevard ) et de se repérer dans l’espace .
Il n’en est pas de même pour les clichés plus anciens car la ville ne présentait pas la même organisation routière. Ainsi les propriétés ne s’étendaient pas de la même façon, elles n’étaient pas organisées autour de large routes rectilignes mais autour de sentiers parfois sinueux sans logique spatiales.
Le repérage de ce biais de compréhension va nous permettre d’avancer plus sereinement vers le passé.
À suivre
2 La grande Bastide – Le roi René
3 Le morcellement en 3 parties distinctes
4 La famille De Magalon
5 La bastide et ses dépendances
6 Les successeurs
7 Bibliographie
Les bastides, joyau du terroir Marseillais, Henri Luppi, comité du vieux Marseille 1983
Notice historique et topographique sur S te-Marguerite 1876 par l’abbé E. Arnaud.
Marseille-Banlieue en tramway (Tome I) lère édition Fernand Tavernier juin 1903. – Dictionnaire des villes, villages, hameaux des B.du Rhône
Notice historique, topographique et hagiographique sur St-Giniez par 1’abbé Dasprès, 1874.
La poétique histoire de Mazargues par l’abbé Marius Ganay , Sté Nationale des Entreprises de Presse Imp. Michelet Marseille 1947.
Evocation du Vieux-Marseille par André Bouyala d’Arnaud Ed de Minuit Paris 1961.








