Les belles demeures du XIX ème – Bastide Grand Pré

Par Rémy Alacchi – Tous droits réservés

Bastide Grand Pré : Vallon de Toulouse (ancien chemin de Cassis)

Suivons à nouveau Henry Luppi. Les bastides de Sainte Marguerite, joyaux du terroir Marseillais comité du vieux Marseille, 1983

Entree de la bastide – Ancien chemin de Cassis – 2021

En guise d’introduction, celui-ci à propos de Grand Pré précise « L’important portail à double vantaux et pilastre orné d’urnes se dresse toujours dans l’étroite traverse et rappelle le souvenir de la famille d’Antoine, cousine des rois et comblée des largesses impériales « 

Ignace D’Anthoine- Maire de Marseille de 1805:à 1813

Le baron D’Anthoine :

Le Maire :

Empruntons à wikipédia le passage suivant. Anthoine, homme intelligent et habile était des plus chanceux. En effet, cette même année 1786, il se maria avec Rose Clary qui avait deux autres sœurs à savoir Désirée qui se maria avec le général Bernadotte et fut reine de Suède, et Marie Julie qui épousa Joseph Bonaparte et fut reine d’Espagne. Il aura un fils François Anthoine de Saint-Joseph (17871865), brillant officier qui devint général de division. L’une de ses filles avait épousé le maréchal Suchet, l’autre, Charles Saligny, duc napolitain de San-Germano puis (veuve) le duc Decrès ; il laissa aussi deux autres fils.

Anciens chemins aux alentours

Nous n’irons pas plus loin dans l’analyse du personnage, cela nous entraînerait trop loin. Concentrons-nous donc sur la Bastide

La bastide 1997 – Au sommet du Vallon de Toulouse – Photo Pierre Laurent De Luca et Rémy Alacchi

La Filiation : Mettons en lumière l’un des fils Baron d’Anthoine. François-Joseph Félix d’Anthoine

Henry Luppi nous apprend que celui-ci était négociant au boulevard d’Angoulême. Il cherchait une bastide qui puisse convenir à son statut et à sa respectabilité. Son choix se porta sur Grand Pré en 1817. Cette vaste propriété nous dit H. Luppi avait été le bien du Bourgeois Frédéric Simon Rouvier

Nous sommes alors sous la seconde restauration et Louis XVIII est le roi de France.

Revenons à François-Joseph Félix d’Anthoine, qui fut un personnage fort influent. Il obtînt pour sa bastide Grand pré l’autorisation de faire célébrer a perpétuité la messe dans sa propre chapelle, l’un des jours de rogations (l’un des 3 jours qui précède l’Ascension).

Terrain de la bastide 2004

Henri Luppi de conclure. A partir de 1839, le domaine passa entre les les mains de différents propriétaires.

Au début du 20e siècle, la bastide fut rénovée par un entrepreneur Maurice blanc qui lui donna son aspect actuel.

Victor Turel la céda dans les années 50 à la société des eaux de Marseille.

Ancien chemin de Cassis et la Traverse Regny. Seuls accès possibles à la bastide pendant plus d’un siècle
Le terrain de la bastide 2004 (Emplacement actuel de la L2)
Jonction de la Traverse Regny et de l’ancien chemin de Cassis.
Le Vallon de Toulouse – 2021

Le Val des Pins

Par Remy Alacchi – Tout droits réservés

Photo 1 : Val des Pins côté Sud – Vers 1950.  » L’oeuvre de l’enfance délaissée JB Fouque  » sur la droite. A gauche, l’ancienne maisons des religieuses. En contrebas de Castelroc haut. Notons à gauche que la résidence Jardins de Flore n’existe pas et le canal serpente encore en surface. Les terrains demeureront agricoles jusque dans les années soixante puis deviendront de merveilleux terrains de jeux pour les gamins des années 70-80.

Histoire du Val des Pins. Introduction : Il est très difficile de nos jours d’envisager les lieux tels qu’ils ont pu l’être dans le passé. Certes, nous avons quelques photos et repères historiques mais rien de ce que nous pourrions imaginer n’approcherait la réalité telle qu’elle fût. L’objectivité de la réalité historique se laisse parfois tenter par la poésie et l’idéalisation. Je vous propose donc ce petit voyage légèrement mélancolique vers un lieu qui n’est plus mais dont subsistent quelques témoignages anciens qui favorisent la nostalgie. J’ai pour ma part, eu la chance à la fin des années 70 de connaître ce petit paradis de verdure, héritier d’une époque révolue. Je regrette en effet ce coin de campagne qui fut l’écrin de mon enfance et dont je garde encore des souvenirs merveilleux. Je conserve dans ma mémoire des souvenirs d’une telle netteté qu’il me suffirait de les regarder pour raconter. Il n’est pas impossible qu’un jour je ressente le besoin d’écrire pour ne pas oublier.

Repères historiques : Le Val des Pins Chemin de Pont-de-Vivaux à Saint Tronc. Nous n’avons pour l’heure aucune idée de la vocation de ce lieu avant le 19e siècle. Nous avons émis l’hypothèse au cours d’un article précédent de probabilité sur ces terres d’un ancien chemin de procession vers la colline Sainte-Croix. En effet, nous savons grâce aux anciennes archives de Saint Loup qu’en l’an 1645, l’on disait encore les messes les dimanches et fêtes dans la Chapelle de Sainte-Croix. Les recherches imputent la construction de cette chapelle aux moines de Saint Victor, car le seul chemin qui y menait était sur les terres de Saint tronc et leur appartenait. L’accès à la chapelle fut interdit par l’évêque en 1710 et sa destruction fut totale à la révolution. Si l’on fait donc l’hypothèse d’un ancien chemin de procession, celui-ci doit donc être très ancien et précède bien sûr la Bastide du Val des Pins.

Histoire de la bastide : La toponymie du lieu nous éclaire d’ailleurs autant qu’un document. Nous n’avons aucun mal ici à envisager une grande pinède qui devait partir sur la droite à l’assaut de la colline Sainte-Croix. L’autre partie des terres, nous allons le voir, était dévolue à l’agriculture.

Suivons de nouveau l’historien des bastides. Henri Luppi.:

En 1812, cette belle propriété dans la pinède au pied de la colline Sainte Croix fut le bien de Mme veuve Magnan, née du Revest puis elle passa entre les mains de Monsieur Audibert, négociant de la Place Noailles. Ses héritiers la revendirent à Madame Louise Achard, rentière, en 1828 .

Nous sommes fin du règne de Charles X

Suivons de nouveau les recherches de H. Luppi  » Elisabeth-Louise ayant épousé Edouard Couve, banquier, domicilié au 24 rue Grignan, Val des Pins » entra dans cette célèbre famille. Par succession, le domaine fut recueilli par Gustave Couve et son épouse, née Elisabeth Lemaitre en 1887 « 
Enfin, nous apprenons que :  » Gustave Couve était né à Marseille le 17 juin 1845 , banquier comme son père, membre au tribunal de commerce en 1898, juge au tribunal de 1888 à 1894, administrateur de la caisse d’épargne et de la banque de France chargée de gérer la compagnie des mines et enfin membre du conseil de surveillance de la compagnie Fraissinet  » C’est surtout en 1913 que l’histoire s’écrira. la famille céda alors la propriété Val des pins à Monsieur l’abbé Fouque qui cherchait à installer son œuvre à l’écart de la ville.
H. Luppi conclut : Une belle chapelle devenu paroisse de nos jours sera édifiée auprès des anciens bâtiments construits par Monsieur Couve en 1869 et qui abriteront les locaux des pensionnaires de l’œuvre de l’enfance délaissée

  • L’oeuvre de l’enfance délaissée JB Fouque

PROCHAINEMENT

  • Sources : Les bastides de Sainte Marguerite, joyaux du terroir Marseillais, Henri Luppi, Comité du vieux Marseille, 1983

Alfred Saurel, Dictionnaire des villes, villages & hameaux du département des Bouches-du-Rhône, Marius Olive, 1878

Abbe Cayol, Hstoire du quartier Saint Loup, 1866

Abbé Roux, Au service de l’enfance malheureuse, Le père Émile Aillaud. Éditions Publiroc, 1939

Rémy Alacchi

Vzl

Le Vallon de Toulouse

 » Ce qui fut ne sera plus, alors je m’assois et je me souviens « 

Par Rémy Alacchi – Tous droits, réservés – 2005

1 Reflet d’une époque révolue

Le Vallon de Toulouse : Le Vallon de Toulouze (et non de Toulouse) doit son nom au propriétaire des lieux Etienne Toulouze, qui en 1697 acquit les terrains. L’endroit fut initialement dévolu aux fours à chaux.

Le vallon – 2005
Traverse Regny – 2005

Ancien chemin de Cassis. Un des seuls vestiges de l’ancienne desserte du quartier. Il longeait jadis les grandes propriétés et permettait de se connecter au village du Cabot pour rejoindre le Redon et enfin la Gineste. Nous pouvons observer sur les photos les murs de délimitation et les entrées secondaires des riches bastides mitoyennes du chemin.
En arrivant de Sainte Marguerite, le promeneur pouvait au siècle dernier apercevoir La bastide Entremont – la bastide Grand Pré -Les Trembles – Solvert La campagne Fémy.


Traverse Régny : ex chemin de Duprat
Du nom du propriétaire des terrains (13 hectares en tout) dans les années 1830. De l’ancien chemin de Cassis, il était possible d’emprunter la Traverse Regny qui jouxtait les terres immenses de Grand Pré pour rejoindre la traverse Pelissier sur la gauche ou aller tout droit pour admirer le magnifique portail de la bastide La Maurelle.

2 Les bastides de Vallon de Toulouse :

Sources   Les bastides de Sainte Marguerite, Henri Luppi, Comité du vieux Marseille,

Ancien pilastre de la grille d’entrée

LA BASTIDE L’ETOILE : L’entrée de la propriété se situait sur le chemin du Vallon de Toulouse, les magnifiques pilastres qui en ornaient l’entrée sont d’ailleurs toujours visibles sur la gauche du « Clos de palmiers »

Une fois la grille passée, une allée des platanes (toujours visibles en bordure du stade Vallon de Toulouse) conduisait le promeneur jusqu’à la bastide. Celle-ci se nommait jadis « campagne Pastoret » elle appartenait à Joseph – Tancrède Pastoret vers le milieu du XIXème siècle. Luppi, l’historien des bastides nous apprends que Mr Pastoret était ancien négociant et fabricien de l’église Sainte Marguerite (administrateur de la paroisse). La bastide avait appartenu avant lui au Sieur Gabriel Mossé, ingénieur au corps Impérial des Ponts et chaussées.



La bastide vers 1950 –

En remontant dans le temps, nous découvrons que Mr Mossé l’avait acquise en 1813 auprès d’un tailleur d’habits nommé Victor Marquis.
La bastide initiale comprenait trois bâtiments dont un de maître, ceux-ci ont été démolis en 1856 pour faire place à la bastide classique que nous apercevons sur la photo. Le terrain couvrait une superficie de 16 carteries (3 hectares) comprenant vignes, arbres fruitiers et oliviers.


La bastide vers 1950


Après avoir appartenu à la famille Pastoret pendant tout le XIXème siècle, la bastide fut vendue en 1888 par un courtier Jean-Anthoine Stalla décédé en 1924 et à son épouse née Bourdillon.
La famille Stalla-Bourdillon semble avoir été la dernière à posséder la bastide. La ville rasa la maison et racheta les terrains en 1970 pour y bâtir le collège Vallon de Toulouse.

Bastides voisines au XIXème siècle –La Maurelle – Campagne Fémy – Grand Pré – Maison Blanche – Sainte Emilie des Tilleuls – Saint Joseph (Campagne Rossolin) – Campagne Pastré (Tour de Tassy) – la Suzanne – Le Val des Bois – Valvert – La vieille Bastide – Campagne du Bon Pasteur – La clairière – Campagne Dravet Campagne Estrangin –  La Mignonne – La Sauvaire – Val beaux Cèdres Historique prochainement

3 Nostalgie – Le vallon disparu

Ancienne ferme Traverse Regny
chemin Vallon Toulouse – face au Dia (notez l’ancien grenier à grains au premier plan)
Ancienne ferme chemin Vallon Toulouse