Histoire bastide Les Andres – Pont de Vivaux

 

Par Rémy Alacchi – Tous droits réservés

Bastides voisines : Campagne Roussin – Campagne Dreveton – Campagne Rolland – La Pintade – Les Marronniers – Campagne Verdillon

 

Situé entre le Boulevard Romain Rolland et la Rue Verdillon ( ancienne traverse de la Vieille Chapelle ) la demeure s’élevait alors sur l’actuelle résidence « Le Jean Lumière « . Le domaine est construit, après morcellement, sur un domaine qui appartenait au Ruffo de Bonneval et dont les terres s’étendaient à l’origine jusqu’au lycée Jean Perrin.

Le domaine était la propriété du­, il a été ensuite été vendue par sa veuve autour des années 1880, au Baron Léon RUEF d’HAUZENDORF   dont la fille Alice était l’épouse de Monsieur Louis CAEN, préfet et Président du Conseil de Préfecture des Bouches du Rhône (1912-1927)

La propriété était alors plantée de 7050 m2 de vignes et possédait un potager de 1010 m2. (c’est donc plus tard que les terres ont été transformées en parc) . Le portail d’entrée ouvrait sur une allée majestueuse bordée de 28 platanes.

Elle fut occupée par les Allemands (1942-1944) puis les Américains s’y installèrent à la libération. Le bâtiment souffre alors des occupations successives. Le blason aux armes des Ruffo de Bonneval ornant le portail d’entrée ainsi qu’une partie du mobilier sont emportés.

Après guerre, les descendants de Monsieur RUEFF l’habitent toujours, Elle est ensuite le bien du chanteur Jean Lumière (voir ci-contre) qui y fit de fréquents séjours mais elle fut principalement occupée par sa famille (les ANEZIN ) Enfin la propriété fut racheté en 1963 et lotie. Il ne reste de ce passé glorieux que les Pins toujours visibles malgré qu’une grande partie d’entre-eux disparurent durant l’hiver 1956.

Source : Les bastides de Saint Loup, Henry Luppi, Comité du vieux Marseille,  1983

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Les belles demeures du XIX ème – Bastide Grand Pré

Par Rémy Alacchi – Tous droits réservés

Bastide Grand Pré : Vallon de Toulouse (ancien chemin de Cassis)

Suivons à nouveau Henry Luppi. Les bastides de Sainte Marguerite, joyaux du terroir Marseillais comité du vieux Marseille, 1983

Entree de la bastide – Ancien chemin de Cassis – 2021

En guise d’introduction, celui-ci à propos de Grand Pré précise « L’important portail à double vantaux et pilastre orné d’urnes se dresse toujours dans l’étroite traverse et rappelle le souvenir de la famille d’Antoine, cousine des rois et comblée des largesses impériales « 

Ignace D’Anthoine- Maire de Marseille de 1805:à 1813

Le baron D’Anthoine :

Le Maire :

Empruntons à wikipédia le passage suivant. Anthoine, homme intelligent et habile était des plus chanceux. En effet, cette même année 1786, il se maria avec Rose Clary qui avait deux autres sœurs à savoir Désirée qui se maria avec le général Bernadotte et fut reine de Suède, et Marie Julie qui épousa Joseph Bonaparte et fut reine d’Espagne. Il aura un fils François Anthoine de Saint-Joseph (17871865), brillant officier qui devint général de division. L’une de ses filles avait épousé le maréchal Suchet, l’autre, Charles Saligny, duc napolitain de San-Germano puis (veuve) le duc Decrès ; il laissa aussi deux autres fils.

Anciens chemins aux alentours

Nous n’irons pas plus loin dans l’analyse du personnage, cela nous entraînerait trop loin. Concentrons-nous donc sur la Bastide

La bastide 1997 – Au sommet du Vallon de Toulouse – Photo Pierre Laurent De Luca et Rémy Alacchi

La Filiation : Mettons en lumière l’un des fils Baron d’Anthoine. François-Joseph Félix d’Anthoine

Henry Luppi nous apprend que celui-ci était négociant au boulevard d’Angoulême. Il cherchait une bastide qui puisse convenir à son statut et à sa respectabilité. Son choix se porta sur Grand Pré en 1817. Cette vaste propriété nous dit H. Luppi avait été le bien du Bourgeois Frédéric Simon Rouvier

Nous sommes alors sous la seconde restauration et Louis XVIII est le roi de France.

Revenons à François-Joseph Félix d’Anthoine, qui fut un personnage fort influent. Il obtînt pour sa bastide Grand pré l’autorisation de faire célébrer a perpétuité la messe dans sa propre chapelle, l’un des jours de rogations (l’un des 3 jours qui précède l’Ascension).

Terrain de la bastide 2004

Henri Luppi de conclure. A partir de 1839, le domaine passa entre les les mains de différents propriétaires.

Au début du 20e siècle, la bastide fut rénovée par un entrepreneur Maurice blanc qui lui donna son aspect actuel.

Victor Turel la céda dans les années 50 à la société des eaux de Marseille.

Ancien chemin de Cassis et la Traverse Regny. Seuls accès possibles à la bastide pendant plus d’un siècle
Le terrain de la bastide 2004 (Emplacement actuel de la L2)
Jonction de la Traverse Regny et de l’ancien chemin de Cassis.
Le Vallon de Toulouse – 2021

Les belles demeures du XIX ème – Sainte Émilie les Tilleuls

Par Rémy Alacchi – Tous droits réservés

Ancienne entrée de la Bastide à l’angle du chemin Vallon de Toulouse et et de l’ex Chemin de Saint-Tronc

Sainte Émilie – Les Tilleuls : Angle ex chemin de Saint Tronc et chemin Vallon Toulouse. ) : il serait impossible de nos jours de deviner quel fut le passé glorieux de cette magnifique demeure tant l’urbanisation l’a anonymé. . Si la Bastide trône encore fièrement en bordure de la toute nouvelle L2, le parc et la magnifique allée de platanes y qui conduisait n’est plus qu’un lointain souvenir..

Suivons à nouveau l’historien des bastides Henry Luppi. Nous apprenons que la demeure est toujours la propriété des sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition.

Jadis baptisée  » Château Honnorat  » du nom son premier propriétaire Mr Jacques Honnorat qui l’avait acquise en 1856, il l’a revendu à un fabricant de coton, Mr Louis Meiffren en 1878. La Bastide vécut paisiblement à l’ombre des platanes jusque dans les années 1970, période pendant laquelle le quartier allait connaître de profondes mutations.

Un promoteur avait dans les années 1990 envisagé un projet immobilier ( la Villa Justine ) mais c’est finalement une surface commerciale qui s’y est installé.

Les cartes ancienne IGN 1950 nous permettent de visualiser ce que fut le domaine.

La petite animation ci-dessous vous permet de repérer- En orange – ex chemin de Saint-Tronc l’actuel boulevard Paul Claudel

En bleu , chemin de Vallon Toulouse.

le château Honorat est encerclé de blanc.

Notez sur la photo un détail inattendu, l’Immeuble au dessus à droite en bordure de la route ( actuellement en face des commerçants des Micocouliers ) au-dessus existe déjà en 1950. C’est d’autant plus étonnant que le quartier est à l’époque très éloigné du centre-ville, les infrastructures transports et commerces sont quasi inexistantes . L’immeuble doit dater de l’apres guerre. Il est donc le plus ancien du quartier. Peut- être a-t-il été construit à l’époque pour les ouvriers agricoles encore nombreux à travailler dans les exploitations maraîchères et les laiteries du quartier.

Nous n’avons aucun mal sur la photo à repérer l’allée de platanes en arc de cercle qui conduit vers le château.
Carte postale de Sainte Émile et du parc 1920

Les belles demeures XIX ème – Maison blanche

Par Remy Alacchi – Tous droits réservés

Parte I : Maison Blanche : Ancien chemin de Saint Tronc

Introduction : CARVILLAN Au IX éme siècle de noter ère, CARVAILLANUS AGER » était une villa importante située dans une terre situé au- delà des rives de l’Huveaune. Cette villa, propriété des moines de Saint Victor fut offerte par un seigneur du nom de SIGOFREUS Ce nom CARVILLAN demeura dans l’inconscient collectif , il désignait selon Alfred (La banlieue de Marseille, 1878 Editions Jeanne Laffitte ), des terres incluants « le château Berger, la campagne Pastré, le lotissement Fémy. Les autres sections de CAVAILLAN s’étendaient sur la rive sud -est de l’Huveaune, (De l’actuel Parc Dromel, à la Sauvagère et jusqu’à l’actuel Pont de VIVAUX)
Le morcellement au fil des siècles des terres de Carvillan a donné naissance aux quartiers de Ste Marguerite et Saint Tronc ( Nous en parlerons lors d’un prochain article )

LE PARC DE MAISON BLANCHE : La luxuriance de cet endroit est probablement due à la présence souterraine d’une nappe phréatique, lieu de stockage des multiples sources qui dévalent depuis la colline. La naissance d’une résidence privée à cet endroit doit être très ancienne, si l’on en juge par la taille des platanes, plusieurs fois centenaires. Mes recherches s’axent à ce jour sur la présence probable d’une confrérie religieuse, non loin de là, car l on sait que les moines de Saint Victor possédaient, des terres nommées « Carvillan  » Une chartre du 23 avril 1040, imprimée dans le cartulaire de St Victor sous le n° 52 renferme cette phrase – Ego, Wicherius do dono ….aquilid de proprietate mea, id Sarturano, in Arcolas, in Centrones, in plomberas » Moi, Wicherius je donne une partie de mes biens qui se trouvent.. dans un quartier habité par les Centrones

 GENESE DE LA BASTIDE : Cette vaste bastide de 8 hectare était au tout début du XIX em siècle le bien de Mr Jean Baptiste Mouger , La maison comportait deux bâtiments dont la bastide niché au milieu dun domaine complanté de vignes , oliviers et divers arbres fruitiers et feuillus. En 1821, son propriétaire s’en dessaisit au profit d’un fabriquant de cotonnades imprimées, Mr Michel François Duclo qui deviendra par la suite Marguillier et trésorier de l’église Sainte Marguerite. Il prêtera même un orgue à la paroisse. A sa mort, la bastide devient le bien de Mr Flotte-Montauban , officier de cavalerie qui la revendit dés 1840 à un fabriquant de savons , Gaspar Paban, lequel s’en dessaisit dés 1846 au profit de David Cohen de Léon, rentier et ancien armateur. C’est lui qui fit construire la bastide telle que nous la connaissons aujourd’hui et qui la nomma Maison Blanche. Certaines sources difficilement vérifiables formulent l ‘hypothèse que Mr David Cohen de Léon fut le père adoptif d’un homme qui allait faire parler de lui pendant la guerre de 1914 -1918 et surtout pendant la débâcle de 1940, Le général Weygand. i Elle appartint ensuite au Sieur Edouard Meyer, négociant en métaux. Il la loua en 1894 à Mr Demetrius Caramano. Puis la bastide devint le bien de Monsieur Emile Ferdinand Angst , négociant rue Mongrand, Vice Président du conseil d’administration de la CIE Nationale de navigation , ancien vice -consul du Brésil , consul de la fédération Helvétique. Mr Angst légua la bastide à son fils Georges qui la vendit à la ville en 1978. Un fonctionnaire de la municipalité l’occupa jusqu’en 1983 où la bastide devint Mairie du 9 éme et totalement ouverte au public
      

Sources : Les bastides de Sainte Marguerite, henri Luppi, Comité du Vieux Marseille, 1983    

PARTE II : Le mystère Weygand

Le Général Weygand Point de départ – Maison blanche En 1846 Mr David Cohen de Léon, rentier et ancien armateur fait construire la bastide telle que nous la connaissons aujourd’hui et la nomma Maison Blanche .
Maxime Weygand : Général -Ministre et Académicien
Né à Bruxelles, le 21 janvier 1867. Les origines familiales de Maxime Weygand sont obscures, et certains avancent qu’il aurait pu être enfant naturel du roi des Belges, Léopold II, ou de la princesse Charlotte, veuve de l’Empereur du Mexique, Maximilien
Plusieurs sources difficilement vérifiables avancent l’idée que Maxime Weygand ait été adopté par Mr David Cohen de Léon, propriétaire de la bastide Maison Blanche. Il semble vraisemblable de dire que le futur général a vécu quelques temps à Maison Blanche car l ‘on sait qu’il entreprit une partie de ses études à Marseille avant de partir à Paris au lycée Louis le Grand ( Biographie – Source de l ‘Académie Française )

Source annexes : Wikipédia

A

 HISTOIRE DE LA BAST IDE MAISON BLANCHE

A

Traverses et ruelles de Saint Tronc

Par Remy Alacchi – Tout droits réservés

Saint Tronc – La place 1904

L’arrivée dans le village – Photo du haut vers 1910 . Le village est le Terminus. La traverse qui est sur la gauche permet de rejoindre Saint-Loup

Même endroit- Le bar tabac est sur la droite – Photo Goggle street vieux 2021

Saint Tronc – La place 1905 – La traverse en face permet de rejoindre Pont de Vivaux

Saint Tronc – La place – vers 1905

Saint Tronc – La place 1930

Traverse de Pont de Vivaux a Saint Tronc ( Rue François Mauriac ) Vers l’entrée du Raquette club – 1980

La traverse était encore dans son empreinte XIX eme au début des années 80. J’ai le souvenir du périple les jours de pluie dans le bus 24 spécial qui nous emmenait alors au collège Vallon Toulouse .

PROCHAINEMENT

Traverse de Saint Tronc ( Paul Claudel ) – 1951 – prise devant l’actuel coiffeur Maspera – Photo Louis Nevano

Le Val des Pins

Par Remy Alacchi – Tout droits réservés

Photo 1 : Val des Pins côté Sud – Vers 1950.  » L’oeuvre de l’enfance délaissée JB Fouque  » sur la droite. A gauche, l’ancienne maisons des religieuses. En contrebas de Castelroc haut. Notons à gauche que la résidence Jardins de Flore n’existe pas et le canal serpente encore en surface. Les terrains demeureront agricoles jusque dans les années soixante puis deviendront de merveilleux terrains de jeux pour les gamins des années 70-80.

Histoire du Val des Pins. Introduction : Il est très difficile de nos jours d’envisager les lieux tels qu’ils ont pu l’être dans le passé. Certes, nous avons quelques photos et repères historiques mais rien de ce que nous pourrions imaginer n’approcherait la réalité telle qu’elle fût. L’objectivité de la réalité historique se laisse parfois tenter par la poésie et l’idéalisation. Je vous propose donc ce petit voyage légèrement mélancolique vers un lieu qui n’est plus mais dont subsistent quelques témoignages anciens qui favorisent la nostalgie. J’ai pour ma part, eu la chance à la fin des années 70 de connaître ce petit paradis de verdure, héritier d’une époque révolue. Je regrette en effet ce coin de campagne qui fut l’écrin de mon enfance et dont je garde encore des souvenirs merveilleux. Je conserve dans ma mémoire des souvenirs d’une telle netteté qu’il me suffirait de les regarder pour raconter. Il n’est pas impossible qu’un jour je ressente le besoin d’écrire pour ne pas oublier.

Repères historiques : Le Val des Pins Chemin de Pont-de-Vivaux à Saint Tronc. Nous n’avons pour l’heure aucune idée de la vocation de ce lieu avant le 19e siècle. Nous avons émis l’hypothèse au cours d’un article précédent de probabilité sur ces terres d’un ancien chemin de procession vers la colline Sainte-Croix. En effet, nous savons grâce aux anciennes archives de Saint Loup qu’en l’an 1645, l’on disait encore les messes les dimanches et fêtes dans la Chapelle de Sainte-Croix. Les recherches imputent la construction de cette chapelle aux moines de Saint Victor, car le seul chemin qui y menait était sur les terres de Saint tronc et leur appartenait. L’accès à la chapelle fut interdit par l’évêque en 1710 et sa destruction fut totale à la révolution. Si l’on fait donc l’hypothèse d’un ancien chemin de procession, celui-ci doit donc être très ancien et précède bien sûr la Bastide du Val des Pins.

Histoire de la bastide : La toponymie du lieu nous éclaire d’ailleurs autant qu’un document. Nous n’avons aucun mal ici à envisager une grande pinède qui devait partir sur la droite à l’assaut de la colline Sainte-Croix. L’autre partie des terres, nous allons le voir, était dévolue à l’agriculture.

Suivons de nouveau l’historien des bastides. Henri Luppi.:

En 1812, cette belle propriété dans la pinède au pied de la colline Sainte Croix fut le bien de Mme veuve Magnan, née du Revest puis elle passa entre les mains de Monsieur Audibert, négociant de la Place Noailles. Ses héritiers la revendirent à Madame Louise Achard, rentière, en 1828 .

Nous sommes fin du règne de Charles X

Suivons de nouveau les recherches de H. Luppi  » Elisabeth-Louise ayant épousé Edouard Couve, banquier, domicilié au 24 rue Grignan, Val des Pins » entra dans cette célèbre famille. Par succession, le domaine fut recueilli par Gustave Couve et son épouse, née Elisabeth Lemaitre en 1887 « 
Enfin, nous apprenons que :  » Gustave Couve était né à Marseille le 17 juin 1845 , banquier comme son père, membre au tribunal de commerce en 1898, juge au tribunal de 1888 à 1894, administrateur de la caisse d’épargne et de la banque de France chargée de gérer la compagnie des mines et enfin membre du conseil de surveillance de la compagnie Fraissinet  » C’est surtout en 1913 que l’histoire s’écrira. la famille céda alors la propriété Val des pins à Monsieur l’abbé Fouque qui cherchait à installer son œuvre à l’écart de la ville.
H. Luppi conclut : Une belle chapelle devenu paroisse de nos jours sera édifiée auprès des anciens bâtiments construits par Monsieur Couve en 1869 et qui abriteront les locaux des pensionnaires de l’œuvre de l’enfance délaissée

  • L’oeuvre de l’enfance délaissée JB Fouque

PROCHAINEMENT

  • Sources : Les bastides de Sainte Marguerite, joyaux du terroir Marseillais, Henri Luppi, Comité du vieux Marseille, 1983

Alfred Saurel, Dictionnaire des villes, villages & hameaux du département des Bouches-du-Rhône, Marius Olive, 1878

Abbe Cayol, Hstoire du quartier Saint Loup, 1866

Abbé Roux, Au service de l’enfance malheureuse, Le père Émile Aillaud. Éditions Publiroc, 1939

Rémy Alacchi

Vzl

Histoire des bastides de Saint Loup

Par Remy Alacchi – @ Tous droits réservés – 2005

Source : Les bastides de Saint Loup, Henry Luppi, Comité du vieux Marseille, 1983

Campagne Hugues : 10, traverse de Chanteperdrix . La luxuriance du lieu, la hauteur des platanes centenaires signait la présence de nappes d’eaux abondantes et souterraines sous la bastide. Cette demeure à vocation agricole appartint à la famille Gros, fabricants d’eaux de vie, puis elle passa entre les mains de jardiniers, Les Hugues, qui l’exploitèrent jusqu’en 1891. La bastide servait alors de moulin à huile d’olive, la meule est d’ailleurs toujours visible dans la cour. Bastide démolie en 2008.

La Germaine

La Germaine – Rue Pierre Doize A nouveau, bastide du XVIII eme, le domaine comportait jadis,une maison de gardien, aujourd’hui disparue. Le parc s’étendait jusqu’aux limites du parking Auchan. La propriété jouxtait alors la parcelle de la bastide  » La Martine  » qui se trouvait à coté de l’actuelle piscine de Pont de Vivaux. A l’origine, la Germaine fut la propriété de la famille Hawadier.

Les Bruyères – Entrée du parc des Bruyères D’après H. Luppi, cette belle battisse aux accents Florentin fut le bien du Docteur Antoine Magloire Brengues aux alentours de 1850. Sa fille Fanny en hérita vers 1894. Mariée au notaire Charles Castanié, ils firent leg de la bastide à leurs enfants. C’est à cette époque que la tour carrée fut rajoutée à l’ensemble. La propriété fut ensuite rachetée par la ville.

Canto – Perdrix – Traverse Chanteperdrix – Cette belle bastide entourée de platanes centenaires demeure incroyablement conservée.. Au XVIII eme siècle, elle appartint à la famille Constant. Sous l’empire (1804 -1812) elle portait alors le nom de Cazeneuve ( maison neuve ) La demeure fut mise aux enchères en 1828, Mr Joseph Cabasson, cordonnier à Saint Loup emporta la vente. Son fils, Joseph, naquis dans la bastide en 1841. Aquarelliste de talent,élève de Loubon, il acquis dans la région une certaine renommée. La bastide fut occupée par le officiers Allemands pendant la guerre de 39-45

Saint Thys

Saint Thys – Rue Pierre Doize . La bâtisse fut construire au XIX eme par la famille Racine, riches négociants. Dans les années 1930, la maison fut transmise à Mr Albert Accard, avocat et fils de bâtonnier Autres propriétaires, Mr FG Fotiadis puis elle accueillit les locaux administratifs des CRS.avant d’ être laissée à l’abandon. Cette magnifique bastide est sortie récemment de sa torpeur grâce à la création d’une maison spécialisée

La Renette

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La Renette : Boulevard Romain Rolland Largement morcelée, la bastide possédait à l’époque sa propre chapelle. Son parc, à ce jour réduit au minimum, s’étendait naguère au sud jusque’ à la Fauvière et jouxtait l’actuel Auchan

Gorge Noire – Parc des Bruyére Elle fut construite pour Mr Barthélemy Badetty dans la seconde moitié su XIX eme. La famille Badetty était des fabricants d’huile et de graines sur l’avenue des chartreux. La maison demeura dans la famille Badetty jusqu’en 1908, date à laquelle elle fut acquise par Henri de Martialis de Contans, ingénieur. Autres propriétaire (1912) Philippe- Antoine Cerrati, conseiller municipal. Henri Luppi, nous raconte que la bastide possédait une grotte au sommet de la colline avec de jolies stalactites.

Les Marronniers – Bvd de Saint Loup Belle bastide XVIII eme, le parc de la résidence a été largement morcelé Elle fut le bien d’ Estienne Roustang dés 1755. Les historiens qui se sont penchés sur l’évolution de cette bastide nous apprennent que le Sieur Roustang céda les terrains en bordure de la route pour permettre la construction des maisons. Ces bâtisses, quoique modestes firent de lui, un généreux donateur et il devint ainsi  » le seigneur de Saint Loup  » A sa mort, sonbeau-fils, M de St Eloy en hérita et fit construire  » un château  » sur l’emplacement de la bastide. La propriété était alors traversée par un petit biez qui activait le moulin du Martinet. Henri Luppi, historien des bastides, nous apprend  » que le château comportait d’élégantes tourelles, quatre canons, dont deux tournées vers le nord et deux vers le midi,  » De somptueuses statues de marbre représentant de personnages mythologiques donnaient de airs de Versailles à ce coin de province. Le parc, lui aussi, avait fait l’objet de soins particuliers. De belles allées complantées de marronniers furent créées sur le modèle des jardins à la Française, très en vogue à l’époque ; En 1791, le domaine qui comportait en tout trois bastides, fut cédé, elle passa successivement entre les mains de Laurent – François Tarteron puis du Sieur Louis -Auguste Reboul. La famille Reboul la conserva jusqu’à la révolution, ils échappèrent d’ailleurs de peu au chaos révolutionnaire. En 1910, le châteaufut acquis par un avocat, Xavier de Magallon. La belle grille aux armes de la famille Reboul est encore visible, sur le boulevard de Saint Loup.

A suivre

Tunnel – abri des Trois Ponts – 24 Août 1944 – La reddition

Par Remy Alacchi – @ Tous droits réservés – Avril 2021

En hommage à Eugene Troubat, l’historien de Saint Loup qui est l’auteur de ce précieux témoignage des évènements terribles qu’un secouèrent nos quartiers en août 1944. Cet article rédigé comme un journal de bord nous plonge au coeur des évènements d’août 1944 dans les collines de Saint Tronc .

Il m’avait confié ce texte en 2003, je le restitue ici in extenso sans en changer une ligne .

Remy Alacchi – Tous droits réservés

Le mont Sainte Croix – Enjeu stratégique majeur pour les Allemands car la base de Saint Tronc était en promontoire de la mer et proche de la route nationale vers Toulon

Le mont Sainte Croix

Deuxième Guerre Mondiale du 3 septembre 1939 au 8 mai 1945 : Nouveau départ d’hommes pour la drôle de guerre. Installation d’une guerre de positions, avec escarmouches, communiqués, la routine.

Dans la campagne Marseillaise les femmes reprennent les rennes. Les moyens ont changé, c’est avec des camions qu’elles apporteront leurs légumes avec ou sans permis de conduire. Au marché de la plaine ; avec des tracteurs qu’elles laboureront leurs champs, mais les chevaux vont revenir, avec la pénurie de carburant.

En 1940.La guerre continue, une guerre où il ne se passe pas grand-chose, puis fin 40 tout s’accélère, c’est la débâcleL »Italie entre en guerre aux côtés des allemands le 17 juin 1940. Le peuple marseillais appela cela « le coup de poignard dans le dos des <<babis»* pourtant peu d’émigrés retournèrent en Italie.

Le 21 juin à 18h40, des avions Italiens viennent bombarder des quartiers populeux de la ville. Il y eut 143 morts, dont une grande partie d’italiens. L’indignation fut générale dans toute la ville. << Après, cela ne pourra jamais plus être comme avant avec les italiens disent les anciens et pourtant…

L’armistice avec l’Allemagne est conclue, c’est le désarroi le plus total. Puis les homme retournent. Il y avait eu des morts, beaucoup de prisonniers, la France était vaincue, sombre était l’avenir. Même en zone dite libre, en peu de temps les produits alimentaires courants devenaient introuvables. Rationnement pour tous, et pour tout. Les cartes d’alimentation sont instaurées. Pour beaucoup de gens du terroir la vie sera aussi difficile que pour ceux de la ville. Ceux qui ont un petit jardin près de leur maison vont faire pousser quelques légumes, et élèveront quelques poules et lapins. On verra renaitre et s’amplifier le mouvement dit des jardins ouvriers dit du Maréchal >> Tout autour de Saint-Loup, dans la campagne jardiniers et laitiers seront moins touchés, Ils pourront parfois pratiquer le troc, pour les plus honnêtes. D’autres se laisseront tenter par le marché noir, avec les avantage et les inconvénients qui en découleront…

Le temps passait, la guerre embrasait le monde. Des prisonniers, il n’en revenait pas, ou très peu alors que la propagande Allemande et Française demandait aux Français d’aller travailler en Allemagne, pour accélérer le retour des prisonniers. C’était la relève, en réalité c’était un leurre. Il s’agissait d’attirer le plus possible de travailleurs vers les usines du Reich manquant de main-d’oeuvre.

La propagande et la censure étaient partout dans tous les journaux, les radios, les cinémas,en zone occupée, comme en zone libre. On ne pouvait plus croire en rien, ni en personne.

Capter la radio de Londres n’était pas toujours facile, le brouillage était permanent, c’était la seule source d’information paraissant crédible.

Après avoir volé de victoire en victoire, le Grand Reich faiblissait sur tous les fronts. En Russie « repli général ». Libye, Rommel et l’Africakorp battus. Dans toute l’Europe occupée la résistance se structurait, les partisans devenaient dangereux.

L’entrée en guerre des Etats Unis fut déterminante, d’abord par sa contribution matérielle colossale vers l’Angleterre, puis par contingents d’hommes jeunes envoyés en Europe. Beaucoup de ceux-là ne retourneront jamais chez eux. La reconquête des territoires annexés par les Japonais depuis 1941 dans le Pacifique faisait du Japon un allié condamné à terme. Tout ce qui pouvait saper le moral des allemands était bon pour celui des Français.

Le 12 novembre 1943 : C’est l’armée allemande qui entra la première dans Marseille, les troupes italiennes n’arrivèrent qu’à partir du 28. L’arrivée des allemands était perçue.

comme un fait de guerre prévisible de la part du vainqueur, l’arrivée des italiens, comme un outrage. Le 26 novembre une rumeur circula: l’Italie demandait l’armistice. Hélas c’était faux,

Ce sera pour plus tard.

L’occupation dans la banlieue ne ressemblait pas exactement à celle de la ville, plus diluée dans l’espace, au début tout au moins. Il n’y avait pas de possibilité de loger de grandes concentrations de troupes, sauf dans les écoles.

Certaines bastides inoccupées, ou partiellement occupées furent requisitionnées. Les fermes durent héberger une partie des chevaux de l’occupant. Les jardiniers, et les laiteries recevaient de fréquentes visites des services du ravitaillement pour des contrôles de production potagère et laitière par rapport au cheptel déclaré. C’étaient des discussions et des marchandages sans fin, quelquefois aboutissant à un « arrangement ». Avec les allemands, c’était des réquisitions pures et simples sans discussion, pour du fourrage, des volailles ou des livraisons de lait, ne tenant pas compte du tout des besoins des services Français, chez les maraîchers, certaines fois, ce furent des ramassages sauvages par l’occupant lui-même. Pour le ravitaillement de la population, c’était ce qui restait donc pas grand chose.

Le tunnel des Trois-Ponts:* 1942 dès le mois de décembre.

Les allemands préparent le plus discrètement possible un grand chantier à Saint-Loup, entre le hameau des Trois-Ponts et celui de Saint-Tronc, en limite des collincs au-dessus du canal; ils avaient entrepris le percement d’une galerie, orientée est-ouest de plus de 200 mètres de long, sur trois étages. Ces importants travaux étaient réalisés par l’Organisation Todt, avec de la main-d’oeuvre essentiellement Indochinoise, c’étaient des soldats et des travailleurs que la France avait fait venir du Vietnam en 1939. Aujourd’hui ils se trouvaien bloqués chez nous ne pouvant plus rentrer dans leurs pays, n’étant plus considérés commes soldats Français par l’occupant, mais comme apatrides, selon les nouvelles lois de Vichy, les rendant plus vulnérables, exposés à la déportation en Allemagne. Cela arrivera aprés que fut institué en février 1943 le Service du travail obligatoire (STO). * la destination de l’ouvrage ne paraissait pas bien définie, un grand bunker, pour l’instant sans tourelles apparentes pouvant abriter des canons, * pas d’implantation de batterie de DC A* non plus dans les environs, juste quelques nids de mitrailleuses. A l’intérieur, sur plusieurs étages, on trouva des armes et munitions et des vivres pour tenir des mois de siège.

Le seul avantage stratégique était une vue dégagée, imprenable sur la rade de Marseille. En fait ce tunnel devait devenir le PC du général commandant la place de Marseille, défendue par 800 hommes d’une garnison permanente. Le Généralmajor était commandant de la place de Marseille, et responsable de la défense, secteur sud de la côte depuis les limites du Var jusqu’à la mer à Marseille. Sa résidence, la bastide des « Roches », était proche du tunnel; un chemin passant dans une tranchée camouflée assurait la liaison.

Château des Roches occupé par par la Kommandantur et relue au bunker par un passage souterrain

Les 22 23 janvier : des rafles dans Marseille furent effectuées par la police Française. Ces personnes furent remises à l’occupant puis déportées en Allemagne, très peu sont revenues.

Le 24 janvier 1943 *à partir de 6 heures du matin, c’était l’évacuation des quartiers du Vieux-Port, suivie de deportations en Allemagne pour les uns et d’internement à Fréjus, pour les autres. Ceux qui purent justifier d’un hébergement à Marseille purent rester sur place, pas tous, malheureusement.

Le moindre abri, le moindre refuge, pouvait être le salut. Certains de cabanons des collines, prêtés par un parent ,un ami, ou loués abritèrent des malheureux jetés à la rue en plein hiver, provisoirement pour les uns, de façon plus durable pour d’autres. Quelques unes de ces bonnes fortunes devinrent des logements définitifs.

Aux Trois – Ponts par exemple. des bastides hébergèrent d’autre réfugiés, en majorité de gens recherchés, étrangers, juifs ou personnalités politiques. Cela se fit, autant que faire se peut dans la plus grande discrétion.

A partir de février 1943 des jeunes gens réfractaires aux départs en Allemagne pour leS.T.O.* (service du travail obligatoire) refusant de partir, ils cherchérent et trouvèrent asile dans le terroir; les cachettes étaient peu sûres, les miliciens, les collabos très actifs.

Ces jeunes durent partir, beaucoup plus loin. Bon nombre d’entre eux rejoindront les maquis, certains seront repris; ils partiront en Allemagne. D’autres s’engagèrent dans la nouvelle police les a GMR>*, les Marins Pompiers, la défense passive, même dans la milice!

c’étaient des moyens pour éviter le STO

LE MOIS D’AOÛT 1944

La Libération de Marseille. et de son terroir: Depuis le début du mois d’août, les alertes, les bombardements étaient de plus en plus nombreux. A partir du 11 ils devinrent quotidiens. Les radios, les journaux français étaient aux ordres de la propagande de Vichy et des occupants sans états d’âme. Les seules informations fiables, ne pouvaient venir que de Londres ou d’Alger, toutefois il fallait faire très attention cela devenait dangereux.

Le ravitaillement officiel était inexistant, en dehors des rations quotidiennes, de cent vingt cing, ou deux cent cinquante grammes de pain noir*. Il ne restait que la débrouille et le marché noir.

La population était inquiete, lasse, on sentait le dénouement proche, maintenant, il fallait bien que çà craque. « Le torrent fait un bruit de tonnerre ». C’est par cette phrase diffusée le 14 août sur

Radio Londres et Radio Alger que la résistance fut avertie du débarquement en Provence, pour le lendemain mardi 15 août sur le littoral varois. Ce sera l’opération « Dragoon »

Mardi 15 août : A Saint-Loup le matin, ce torrent ne fit pas un bruit de tonnerre. Les marseillais initiés étaient muets. Les autres attendaient toujours. Les allemands en alerte maximum, depuis plusieurs jours, se montraient le moins possible.

L’aviation alliée qui avait encore intensifié son activité, dès l’aube, bombarda, mitrailla, sur les routes, les chemins, tout convoi pouvant apporter du renfort à l’occupant, ou bien essayant de fuir vers le nord ou l’est.

La nouvelle du débarquement allié en Provence fut diffusée dans la journée le 15 par radio Londres. Elle se répandit dans Marseille. Les gens restérent calmes, sans « estrambord >* faisant comme si rien de particulier ne venait de se produire, mais avec un petit sourire. Ils arrivaient ». C’était une belle soirée, tout paraissait paisible. Plus tard radio France annoncera une tentative de débarquement des alliés, en cours dans le Var, qui allait être repoussée (comme en Normandie)!

En fait c’était trois divisions placées sous le commandement du Général De Lattre de Tassigny* qui débarquerent à partir du 15 sur les plages de Saint-Raphael, le Rayol, Saint- Tropez, Cavallaire et bien d’autres . Obejectif Nº1, libérer Toulon Aubagne et Marseille.

Général De Lattre deTassigny

Des troupes Américaines avaient aussi débarqué sur la côte, elles avaient d’autres objectifs. Vers le nord et l’est de la Provence.

Pour Aubagne et Marseille ce sera la 3 DIA renforcée de Tabors Marocains et des blindés du 2 cuirassé *, le tout sous le commandement du Général Goislards de Monsabert.

Joseph de Goislard de Monsabert dans Marseille libérée en août 1944

Mercredi 16 août la chasse alliée continuait ses raids impitoyables, l’ aviation ennemie se faisait rare.

Plus rien ne fonctionnait normalement, ni trains, ni téléphones, ni poste, juste quelques tramways. Les Allemands avaient détruit la station de Radio Marseille Provence. Il fallait rester aux abris. Radio Londres avait annoncé qu’après le débarquement réussi, les troupes progressaient rapidement vers Toulon et Marseille.

Dans la soirée venant de l’est, le bruit lointain de la canonnade devint perceptible.

Cette fois c’était chez nous. Les allemands étaient tendus, ne laissant rien paraître, ils semontraient toujours le moins possible.

Jeudi 17 Août : les avions alliés reprirent dès l’aube leur chasse sans merci; ils avaient la maîtrise absolue du ciel. Ce qui restait de la chasse ennemie était cloué au sol faute de carburant et de pièces de rechange.

L’armée allemande raflait vélos, motos, tout ce qui roulait, tentant de réquisitionner dans la banlieue, mulets, chevaux, charrettes, sans succès, ne récupérant même pas tous leurs chevaux hébergés dans les fermes . L’occupant commençait le décrochage en direction de la vallée du Rhône et des Alpes, dans la hâte, pas encore dans la panique, mais cela allait venir.

Venant de l’est le bruit de la canonnade se rapprochait. Beaucoup de monde couchait dans les abris. Certaines maisons du quartier placées d’après l’occupant à des points stratégiques pour pétrir du pain furent évacuées durant plusieurs jours. La plupart des boulangeries n’avaient plus de farine

Autour du Tunnel des Trois-Ponts*: Depuis l’annonce du débarquement. Les résidents proches, voire moins proches, étaient fortement anxieux connaissant le dispositif allemand:

Tunnel, plus P-C du Général Claus Boie, plus 800 soldats en permanence dont une partie composée de nouveaux arrivants. Il y avait de quoi s’inquiéter. Avec l’aide de jeunes résistants du cru des militaires du renseignements, s’approcherent jusqu’aux maisons se trouvant dans la zone des installations allemandes au péril de leurs vies. Ils rapporterent que l’état d’enervement des sentinelles était tel que certaines tiraient sur tout ce qui bougeait.

Il y aurait eu des morts parmi les civils du voisinage?

Une partie de la population se préoccupait de trouver des abris plus éloignés plus fiables, si une bataille s’engageait pour la prise du tunnel, mais o aller ? Dans les collines, certains le tentèrent

Vendredi 18 Août : De bonne heure, I’on apprenait que deux membres d’une même famille avaient eté tués devant leur maison proche du tunnel

A partir de six heures du matin à Saint-Loup l’on entendit un bombardement vers le nord . Qu’est ce ? C’était le quartier de Saint-Lazare qui recevait des bombes, sans doute destinées à la batterie du Racati. Il y eut encore une trentaine de vietimes civiles.

Vers dix heures du matin, les tramwnys étaient paralysts, pannes d’électricité réelles, greve ou sabotages ? Les maquis commençaient à s’agiter, à se regrouper dans les banlieues.

Les Allemands privés de renseignements, restaient terrés dans les bastides qu’ils occupaient, attendant des ordres qui ne viendront plus. Désertions, départ en hâte d’officiers même supérieurs. Cette fois s’était la panique, la chasse au « Fritz » était ouverte, si l’on peut dire.

Samedi 19 Aout : A Saint-Loup premier accrochage sérieux entre FFI* du quartier, pas encore regroupés sur Marseille et les occupants d’un véhicule allemand descendant du tunnel. Il yc eut deux morts, un dans chaque camp.

Dans le Var sur le plateau du Castellet, au carrefour du Camp, la bataille fit rage toute la nuit, entre la 3° DIA* qui avait rattrapé une unité de grenadiers allemands envoyée en renfort depuis le côte Varoise, se dirigeant à pieds vers Aubagne, pour y installer un verrou. Ce verrou ne fut jamais mis en place, les grenadiers en chemin avaient reçu un contre ordre,

ils devaient rejoindre la garnison de Marseille en urgence, toujours par le bord des collines.

Le 20 août au matin, sur le plateau du Camp, les allemands avaient disparu, le site était aux mains des troupes françaises, la progression sur le terrain était plus rapide que prévue par l’Etat Major. La prise de Toulon ne faisait plus de doute.

Une partie des troupes débarquées depuis le 15 août était regroupée sur le plateau duCastellet. en bordure de la route n°8, reliant Toulon à Marseille 40 kilomètres plus loin

C’était très tentant, mais il fallait prendre d’abord Aubagne. Attaques menées par des F FI, sur des convois à Château-Gombert, la Capelette, et sur le Jarret,

la batterie du Merlan était assiégée, par les FFI

A Saint-Loup nouveaux contacts avec des patrouilles motorisées, pas de mort chez les FFI deux chez les occupants.

Le bunker de Saint Tronc – La galerie – Photo Bernard Ddd

Plus de moyen de transport pour le ravitaillement, plus de pain dans les boulangeries. Mazot * Camballaire aux moulins Rémuzat à la Capelette portera sur son dos plusieurs balles de 100 kilos de farine chez les boulangers des alentours, notamment à la boulangerie Flézia à l’entrée de Saint-Loup. Lorsqu’il déballa son fardeau 1300 mètres plus loin, l’on s’aperçut que le sac était percé à deux endroits, deux balles de mitrailleuse s’étaient logées dans la farine. « Mazo » s’en alla pour continuer sa tournée.

Le bruit des fusillades et des canonnades est ininterrompu, celui des explosions isolées rappelait que depuis plusieurs jours les allemands détruisaient systématiquement les installations portuaires, pauvre Marseille !

A Saint-Loup, les premiers combats meurtriers, entre FFI et soldats de la garnison du tunnel, eurent lieu à l’entrée du côté des Trois-Ponts, à Sainte-Marguerite, également à l’angle de la rue Pierre Doize et du Bd de Saint-Loup. Le 21 août 8 heures du matin à Aubagne. Le 7RI A, un groupe de blindé et deux tabors marocains* assiègent la ville. La Résistance s’était déjà emparé de la mairie et ducentre mais, tout autour les combats feront rage toute la nuit suivante. Les Allemand defendirent leurs points d’appuis âprement, souvent au corps à corps.

Les Goumiers attaquèrent un à un 17 fois et enlevèrent les points forts de résistance ennemie.Dans la matinée une délégation de résistants Marseillais était porteur d’un message de

Lionel rencontré au PC de Gémenos *le général Sudre, lui demandant d’attaquer Marseille en toute hâte, sinon la résistance sera écrasée!

 Gaston Defferre, Raymond Aubrac et Francis Leenhardt – Photo Archives municipales de Marseille

Dans l’après-midi, le Général De Monsabert propose au général en chef De Lattre de Tassigny de prendre Marseille le plus vite possible. Ce dernier s’y oppose farouchemen pour des raisons politiques * Finalement le feu vert est donné au général de Monsabertpour lancer l’assaut tant attendu sur Marseille. Le fougueux général dit « Après-demain, je boirai le pastis sur la Canebière »

Dans la soirée, Aubagne était libéré par les goumiers du 2 GTM.et les blindés

La bataille pour Marseille pouvait commencer. Le Général de Monsabert décide de faire attaquer le centre ville par l’axe est-ouest. Lc 1″ bataillon du 7 RTA,* commandé par le Colonel Chappuis est déjà en route par les chemins des collines, passant par le massif du Garlaban.

Un ordre du général de Montsabert l’oblige à s’arrêter en pleine garrigue. Puis plus tard il recevra l’ordre de repartir en accélérant si possible, par Eoures, les Camoins, la Valentine; arrivé à Saint-Julien, en fin d’après midi , il se repose sur place une partie de la nuit.

Monsabert décide aussi de faire contourner la ville, par le nord et par le sud toujours en passant par des sentiers escarpés, sachant que l’ensemble de ses hommes est parfaitement aguerri depuis les campagnes de Sicile et d’Italie pour ce genre de combat en terrain très accidenté. Côté sud le Colonel Boyer de la Tour avec le 2º Tabor traverse le massif de Saint-Cyr il domine les quartiers sud, la vallé de l’Huveaune et la route de Marseille.

Pierre Boyer de Latour du Moulin

Le 2 groupement du 6 Tabor du lieutenant-colonel Edon, se dirigera vers le camp de Carpiagne qu’il prendra le 23,puis rejoindra le 30 RTM dans la vallée de l’Huveaune.

Mercredi 23 Août : la route Nationale N°8 est libre: Le Colonel Massiet du Biest et les Goumiersdu 3G TM entreprennent la descente de la vallée de l’Huveaune. A Saint-Marcel ils ont un accrochage sérieux avec les hommes de la garnison du château de la Marquise *.Ils prennent position; le combat s’engage vers 23h il durera toute la nuit. Pour ne pas ralentir lmarche du Tabor, la plus grande partie des hommes continuera en direction de Saint-Loup et du tunnel des Trois-Ponts.

Les grenadiers allemands passèrent par le château de Forbin, mais eux aussi rejoindront par les collines, le tunnel

La population des Trois-Ponts témoin de cette arrivée massive de troupes ennemies, était anxieuse, elle craignait des combats sanglants. Le hasard de la guerre aidant… les grenadiers, continuèrent leur course éperdue vers un autre destin.

Le Colonel Chapuis et ses hommes, à l’aube, reprennent leur progression en direction du

Les, Réformés – Photo Le Méridional -1944

centre ville, vers sept heures trente ils arrivent par le Bd de la Blancarde traversent le Jarret, enjambent une dernière barricade, c’est la rencontre avec la population Marseillaise, mais surprise merveilleuse, ces soldats ne sont ni Anglais, ni Américains, mais Français, ceux de la 3RDA*« Ils arrivent à pied, comme de vrais pousse-cailloux »* .Ils descendront vers le centre par la Bd de la Madeleine devenu depuis Bd de la Libération Goislard de Monsabert.

A 10 heures, Montsabert comme l’appellent déjà les Marseillais, entre dans la ville. Il est le premier commandant de la place de Marseille; la ville n’est pas encore complètement libérée.

Dans le terroir, les bastides réquisitionnées par l’occupant sont désertées hâtivement une à une. Abandonnant sur place beaucoup de matériels et de vivres, les gens des alentours vont etre les auteurs de quelques de pillages, mais l’armée arrivera, les choses se calmeront.

Jeudi 24 Août : En fin de matinée la position de Saint-Marcel est neutralisée. Les Goumiers, font plus de 300 prisonniers. Cette position était considérée par les services du renseignement comme point très coriace.

*Le 3 GTM avait repris la descente dans la vallée, avec comme prochain objectif rejoindre leurs unités et investir le tunnel des Trois-Ponts. Contrairement à ce que tout le monde attendait, dans le tunnel et le PC voisin du Généralmajor Claus Boie* ,il n’y eut pas de véritable combat, le Général se rendit sans grande résistance avec son état-major au complet, soit 50 officiers, dont 3 colonels, et plus de 400 hommes.

Le tunnel-bunker n’avait pas pu servir de camp retranché n’étant pas encore complètement

opérationnel, malgré un stock d’armes, de munitions et de vivres très impressionnant, que trouvèrent les soldats et les FFI qui l’investirent;

Il fut prétendu que les Allemands tinrent rigueur au général Boie de s’être rendu assez piteusement; Il était peut-être lucide simplement. Saint-Loup « l’avait échappé belle ».

Vendredi 25 : Les goumiers des 2 et 3* GTM achevèrent le nettoyage autour du tunnel, dans les collines et les environs de Saint-Loup, puis rejoignirent les autres goums ayant dégagé la côte sud.

Les infatigables grenadiers marcheurs, furent capturés, épuisés, sans résistance, dans la matinée prés de Sainte-Margerite.

Dans l’après-midi les différents Tabors de la zone sud avaient déjà regroupé plus de 4000 prisonniers qui furent conduits au camp de Sainte-Marthe.

Tous les points fortifiés de la vallée, ont été réduits.

Première halte de repos et de regroupement dans les banlieue est pour les troupes Françaises. Une partie des hommes et officiers ayant participé aux combats libérateurs, camperont dans les environs notamment dans les bastides fraîchement abandonnées par les précédants occupants. Mais l’ordre formel était de rester vigilant, en patrouillan inlassablement sur leurs engins bizarres, les Jepps

Les fermes, écuries, terres et prairies requisitionnées par l’occupant seront restituées aux exploitants. La situation est confuse, beaucoup de soldats et officiers allemands isolés, désemparés, quelquefois même en civil, erraient dans la banlieue. Attaqués par les F F I, se cachant ne voulant pas se rendre aux « terroriste» par peur d’être exécutés sur place, préférant le faire avec les troupes régulières, ils étaient aux abois. Cela créa des situations très dangereuses qui firent beaucoup de morts, y compris des civils.

Dimanche 27 Août :

A Saint-Loup les gens sortent dans la rue. Le cauchemar semble fini, la préoccupation première pour tout le monde est toujours le ravitaillement Aux alentours l’on entend encor des fusillades.

Lundi 28 août : Est affichée et diffusée dans tout Marseille, la proclamation du Général de Montsabert, annonçant la capitulation de l’ennemi aux conditions qu’il avait imposées,

Marseille était libérée

Photo Le Méridional 1944

Annexes : Notes


1940 par le Maréchal Pétain
Légionnaire, lui même issu de la Légion Française des combattants, créée en
MS: Milice Socialiste
RIA: Régiment d’Infanterie Algérien
RTA :Régiment de Tirailleurs Algériens
« Combal-command » Groupe blindé commandé par le Général Sudre faisant partie de
la 2 DB, soit deux escadrons
Dragoon : Nom de code choisi par les Alliés, pour le débarquement en Provence
Gemenos : c’est à l’hôtellerie Le Relais de la Magdeleine w que se trouvait le PC des
forces Françaises.
Claus Boie ou Boje : Général Allemand commandant le dispositif de défense depuis le
Var (après Toulon) jusqu’à Marseille et de tout le côté sud de Marseille, il était aussi
commandant de la place. Dans son livre de 1947 «Marseille sous l’occupation >>
André Négis parle de sa reddition peu glorieuse dans son PC de Saint-Tronc, page 275
Goum Goumier: En arabe, Troupe. Formation militaire Marocaine, fournie par une tribut
pour étre regroupée dans un Tabor
Organisation Todt : Organisation paramilitaire Nazis spécialisée dans la construction
d’ouvrages militaires de défenses, dans les pays occupés, elles utilisait de la main
d’auvre fournie par le STO
Schaefer Général-leutnant:commandant la place de Marseille qui signa la reddition sans condition des forces du Reich
Tabors Corps de troupes marocain formant plusieurs goums et équivalant à un bataillon
d’infanterie. Pendant la prise de Marseille, il furent d’une efficacité, d’un courage
remarquable.

1940 par le Maréchal Pétain

Légionnaire, lui même issu de la Légion Française des combattants, créée en

MS: Milice Socialiste

RIA: Régiment d’Infanterie Algérien

RTA :Régiment de Tirailleurs Algériens

« Combal-command » Groupe blindé commandé par le Général Sudre faisant partie de

la 2 DB, soit deux escadrons

Dragoon :Nom de code choisi par les Alliés, pour le débarquement en Provence

Gemenos :c’est à l’hôtellerie Le Relais de la Magdeleine w que se trouvait le PC des

forces Françaises.

Claus Boie ou Boje : Général Allemand commandant le dispositif de défense depuis le

Var (après Toulon) jusqu’à Marseille et de tout le côté sud de Marseille, il était aussi

commandant de la place. Dans son livre de 1947 «Marseille sous l’occupation >>

André Négis parle de sa reddition peu glorieuse dans son PC de Saint-Tronc, page 275

Goum Goumier: En arabe, Troupe. Formation militaire Marocaine, fournie par une tribut

pour étre regroupée dans un Tabor

Organisation Tod : Organisation paramilitaire Nazis spécialisée dans la construction

d’ouvrages militaires de défenses, dans les pays occupés, elles utilisait de la main

d’auvre fournie par le STO

Schaefer Général-leutnant:commandant la place de Marseille qui signa la reddition

sans condition des forces du Reich

Tabors Corps de troupes marocain formant plusieurs goums et équivalant à un bataillon

d’infanterie. Pendant la prise de Marseille, il furent d’une efficacité, d’un courage

remarquable.
« La Marquise : Dans le quartier de Saint-Marcel est connu sous cette appellation
le chateau ou bastide des Forbin tres ancienne famille provencale
Mazo le canbalaire :De son vrai nom Mazotii Marius, voir à Cambalaire
Marche-noir: Vente illicite de produits rares. Cela perdurera plusieurs années après la guerre
André Négis: Pousse-cailloux,pages 266 « Marseille sous l’occupation » 197 page
266
un système de rationnement par carte d’alimentation, alloué pour chacun
Pain noir : Pain fabriqué pendant la guerre, très lourd, d’un gout douteux, vendu suivant
catégories 125gr pour les A (adultes). 250gr travailleurs de force et J3 (jeunes de
13 à 20ans ) et femmes enceintes, les cartes étaient aussi valables, pour la plupart des denrées (viandes, pattes, ria matière grasses etc)
PC:Poste de commandement
Politique : Le Général de Lattre, pensail que la prise de pouvoir par les mouvements de la
résistance pouvait être le point de départ d’une insurrection fomentée par les partis de gauche
Racatti :Terrain vague et jeu de boules célebre, se trouvant entre la Gare Saint-Charles
et le quartier de Saint-Lazure, où les Allemand avaient installé une Batterie de
canons de gros calibre qui causa la terreur dans la ville pendant la bataille de
Marseille
Andre Sauvageau: Auteur de « Marseille dans la tourmente >>1949 de la Page 59 à 72
Abréviation et explication des termes militaires. Nom et fonction des principaux chefs,
dans les deur camps.
:Armée Secrète maquisards, ou clandestins, dépendants directement de Londres.
AS
Commandant Crosia :Ce officier de renseignement de le l’armée a rempli de
nombreuses missions de parlementaires avec l’ennemi, plusieurs fois il réussira à
faire cesser des combats devents inutiles. Il a en outre écrit de belle pages sur la
bataille de Marseille dans son livre « Marseille 1944 victoire Française.
FF:Forces Françaises de l’intérieur
FTP :Franc -Tireurs et Partisans
GMR: Groupe mobile de réserve unité de police créée sous l’occupation pour contre-
balancer la Gendarmerie Mobile, jugée trop militaire Ils seront remplaces après
la libération, par les CRS, Compagnies. Républicaines de sécurité, toujours
existantes
Général de Lattre de Tassigny: Commandant en chef des troupes Française ayant
débarquées en Provence le 3 RIA, les blindés les Tabords Marocains, devant attaquer
Marseille.
Général de Goistar de Monsaber: Commandant de l’avant-garde devant prendre
Toulon, Aubagne et Marseille renforcée par des troupes qui débarqueront les jour
suivants.
Général Guillaume :Commandant les Tabors
Général Sudre : Commandant des blindés
Lionel sous ce nom est connu dans la clandestinité Francis Leenhardt,
qui sera Président du Comité de Libération des Bouches-du Rhône.
Milice organisation paramilitaire collaborationniste, issue en 1943 du service d’ordre
*Cette victoire, nous la devons à tous. FF I Armée Française d’Afrique et population
Marseillaise. Pourtant nous devrons toujours avoir une profonde gratitude envers tous ses
enfants d’Algérie Tirailleurs, ou Fantassins, ainsi qu’aux légendaires Goumiers des Tabors
de l’Atlas Marocain qui ont laissé plus de 1600 des leurs sur notre terre pour que nous
soyons Libre.
Des exactions ont été perpétrées dès les premiers jours qui suivirent la libération à Saint-
Loup, comme ailleurs: Exécutions sommaires, règlements de compte nombreux femmes
tondues, populace déchaînée, pillages, rackets et autres violences, accompagnent hélas
presque toujours les grands moments de l’histoire.
Le temps a peut-être estompé des douleurs, des ressentiments… Il y a maintenant plus de
60 ans de cela, beaucoup d’acteurs, et témoins de cette terrible période sont morts,
d’autres sont toujours dans le quartier avec leurs familles, certains n’y sont jamais revenu.
Saint-Loup paya un lourd tribut. Nombreux sont les nôtres disparus durant ces cinq années
de guerres, dans les camps de prisonniers, de déportés en France, en Allemagne, dans les
maquis, pendant la libération du pays, au cours des campagnes de France et d’Allemagne. Si
le village n’a jamais été bombardé, nombre des siens périrent, sous les bombes, Italiennes,
Allemandes, Anglaises ou Américaines dans la ville ou en d’autres lieux.
Mais la période qui suivra la Libération restera malgré les deuils, pour certains, l’incertitude
pour tous ceux qui attendent le retour d’un des leurs prisonnier, déportés,ou militaires
encore en campagne, le moment de tous les espoirs: on allait refaire le monde à Saint-Loup
comme ailleurs.
*Les fêtes de la Libération, et bien d’autres par la suite jusqu’à la victoire en mai
1945,se dérouleront toujours dans le dans le parc de la Blancherie. Le grand bassin
circulaire une fois vidé de son cau,(les carpes étaient depuis longtemps passées à la
casserole pour cause de restriction), devint une piste de danse improvisée mais très
appréciée par la jeunesse et les autres.
*Voilà un bref résumé, de ce que fut de la vie, dans le terroir marseillais depuis l’arrivée du
canal à Saint-Loup en 1849 le jour de la Fête Dieu, jusqu’après le 8 mai 1945.en somme
*pendant un siècle.
Lexique : Français -Provençal.
Babis: Pr Crapaud,terme de mépris.
Cambalaire : Pr en provençal de Marseille « Camballeur » Employé dans un moulin
ou dans une Minoterie, qui était chargé de la manutention des balles de farine
pesant 100k pièce dans l’entreprise, assurant aussi le chargement de ces balles sur
les camions de livraison et leurs déchargements chez les boulangers.
Carte d’alimentation : Voir pain noir
Estrambord :Pr, Transport d’enthousiasme
Jardin ouvrier ou jardin du Maréchal :De nombreuses associations géraient des jardins
ouvriers depuis 1936 dans les banlieues A partir de 1940 l’appellation jardins du
Maréchal fait partie de la propagande vichyste pour « Le retour à la terre >>
Janvier les 22 23 24 :Grandes rafles de Marseille et évacuation avec destruction des
vieux quartiers de Saint-Jean
Italie .voir André Sauvageot (Marseille dans la fourmente) 1949
E.Troubat
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