Saint Tronc vu d’en haut

Saint Tronc – Photo aérienne 1950.

  • Le quartier est encore dans les années 50/60 très éloigné du centre-ville, les moyens de transport sont limités et le terroir est encore essentiellement champêtre et agricole.
  • Dès 1840, bien avant le canal de Marseille, Saint Tronc est déjà le paradis des riches bourgeois Marseillais qui fuient le tohu-bohu citadin pour se réfugier à l’ombre de leurs bastides.
  • Notons le château des Roches à droite en orange (et le chemin en lacet qui y conduisait)
  • Remarquons également la bastide Bois Fleury à gauche encerclée de blanc. Un mystère demeure cependant. Nous apercevons sur la photo en face, un quadrilatère inoccupé qui à l’air d’un terrain vague. D’après les anciens, et espace a longtemps été une forme de décharge, il y avait comme un cratère au centre. Nous allons tenter d’étayer cette hypothèse prochainement mais il n’est pas impossible qu’il puisse s’agir du vestige de l’ancien étang de la bastide bois Fleury. En effet lors du percement de l’actuel rue André Audoli (ancien chemin de Saint-Tronc à Saint-Loup) le terrain de la bastide a été coupé en deux et la grille d’entrée déplacée plus bas à son emplacement actuel. Éloignée de la bastide, l’étang se trouvant du côté droit de la route s’est peu à peu asséché. Cette surface laissée à l’abandon a rendu possible le lotissement de Joli village.
  • Notons la présence de nombreuses fermes à droite de l’actuelle rue André Audoli, nous y reviendrons ultérieurement plus précisément.
  • A cette époque les bois de Saint-Tronc sont encore particulièrement visibles, notamment à gauche sur la première partie de François Mauriac (anciennement chemin de Pont-de-vivaux à Saint-Tronc)
  • A partir de 1840, le chemin qui conduisait à l’ancienne bastide Val des Pins (centre JB Fouque) a vu la naissance de nombreuses bastides richement ornementées (la Piboulo, La Gauloise, Le Val des Bois, etc.)

Saint Tronc – 1950 – Le château des Roches est visible en haut à droite (à l’emplacement actuel du chemin d’accès vers Le Ruissatel) Le chemin suivait à peu près la route actuelle. Le chemin débutait sa course sur le chemin de Saint Tronc à Saint Loup (devant l’actuel Gifi). Les platanes (dont certains existent toujours vers Casteltoc bas) devaient permettre une ascension plus ombragée

Photo IGN – Multicarto

Saint Tronc 1950 – Photo 3. Nous apercevons sur la droite, le sentier du château des Roches qui vient se connecter à l’ancien chemin de Saint Tronc à Saint-Loup (rue André Audoli). La traverse brodée de petits murs ne doit pas excéder deux mètres de large. L’on aperçoit aisément le groupe de platanes à la jonction entre le sentier des Roches et la traverse (parking GIFI)

  • On peut deviner, nichée dans la verdure l’ancienne ferme qui deviendra plus tard le Raquette Club fondé par Mr Intagliara
  • En dessous l’on aperçoit au bout d’une allée rectiligne, la bastide « La Piboulo ». Carte IGN – Multicarto

Saint Tronc – carte état-major 1866. Notez que les espaces s’organisent en lieu-dits du nom des propriétaires de parcelles.

Saint-Tronc 1950 – Photo 4

Suiivons à présent le canal de Marseille (tracé bleu) qui serpente depuis les Trois Ponts. Nous survolons à présent le Val des Bois. L’arrondi blanc symbolise l’actuel jardin de Flore.

Carte IGN – Multicarto

PHOTO 2

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Castelroc haut vers 1985 – Les immeubles en haut de la photo et le stade sur la droite. Les champs en contrebas n’ont pas encore été loti. L’on aperçoit facilement en bas de la photo, l’ancien bassin de rétention d’eau qui alimentait les cultures. Le petit pont qui menait au champs légèrement sur la droite. Enfin, l’on devine également (le probable) ancien chemin de procession qui prend à droite après la jonction et qui rejoint le stade.

Hypothèse ancien chemin procession. Nous n’avons pas encore malheureusement le document d’archive qui l’attesterait mais en zoomant au maximum, on distingue dans le cercle, une surface claire, c’est l’ancienne calade. Constituée de pierres taillées massives et épaisses, elle semblait prendre appui dans le virage pour permettre une ascension plus facile.

Rémy Alacchi

Photo 3 : 1985

Castelroc haut au centre en haut le stade à droite et la résidence la Marguerite en bas à gauche. Le petit terrain de foot de la marguerite se trouvait d’ailleurs à cet emplacement.

Plus encore que sur la précédente photo l’on devine très bien sur cette ancienne photo, la vocation agricole du quartier St tronc. A cette echelle les parcelles apparaissent nettement et rappelons que dans les années 75 des vaches y paissaient encore.

Prochainement. Des clichés colorisés plus précis au sol avec des vues des années 50 bien avant la construction des jardins de Flore de Castelroc haut et bas. L’on peut y voir les nombreuses fermes qui longeaient le canal entre l’ancienne traverse de Chante-Perdrix et l’ancien chemin de Saint-Tronc.

Le Vallon de Toulouse

 » Ce qui fut ne sera plus, alors je m’assois et je me souviens « 

Par Rémy Alacchi – Tous droits, réservés – 2005

1 Reflet d’une époque révolue

Le Vallon de Toulouse : Le Vallon de Toulouze (et non de Toulouse) doit son nom au propriétaire des lieux Etienne Toulouze, qui en 1697 acquit les terrains. L’endroit fut initialement dévolu aux fours à chaux.

Le vallon – 2005
Traverse Regny – 2005

Ancien chemin de Cassis. Un des seuls vestiges de l’ancienne desserte du quartier. Il longeait jadis les grandes propriétés et permettait de se connecter au village du Cabot pour rejoindre le Redon et enfin la Gineste. Nous pouvons observer sur les photos les murs de délimitation et les entrées secondaires des riches bastides mitoyennes du chemin.
En arrivant de Sainte Marguerite, le promeneur pouvait au siècle dernier apercevoir La bastide Entremont – la bastide Grand Pré -Les Trembles – Solvert La campagne Fémy.

Traverse Régny : ex chemin de Duprat
Du nom du propriétaire des terrains (13 hectares en tout) dans les années 1830. De l’ancien chemin de Cassis, il était possible d’emprunter la Traverse Regny qui jouxtait les terres immenses de Grand Pré pour rejoindre la traverse Pelissier sur la gauche ou aller tout droit pour admirer le magnifique portail de la bastide La Maurelle.

2 Les bastides de Vallon de Toulouse :

Sources   Les bastides de Sainte Marguerite, Henri Luppi, Comité du vieux Marseille,

Ancien pilastre de la grille d’entrée

LA BASTIDE L’ETOILE : L’entrée de la propriété se situait sur le chemin du Vallon de Toulouse, les magnifiques pilastres qui en ornaient l’entrée sont d’ailleurs toujours visibles sur la gauche du « Clos de palmiers »

Une fois la grille passée, une allée des platanes (toujours visibles en bordure du stade Vallon de Toulouse) conduisait le promeneur jusqu’à la bastide. Celle-ci se nommait jadis « campagne Pastoret » elle appartenait à Joseph – Tancrède Pastoret vers le milieu du XIXème siècle. Luppi, l’historien des bastides nous apprends que Mr Pastoret était ancien négociant et fabricien de l’église Sainte Marguerite (administrateur de la paroisse). La bastide avait appartenu avant lui au Sieur Gabriel Mossé, ingénieur au corps Impérial des Ponts et chaussées.

La bastide vers 1950 –

En remontant dans le temps, nous découvrons que Mr Mossé l’avait acquise en 1813 auprès d’un tailleur d’habits nommé Victor Marquis.
La bastide initiale comprenait trois bâtiments dont un de maître, ceux-ci ont été démolis en 1856 pour faire place à la bastide classique que nous apercevons sur la photo. Le terrain couvrait une superficie de 16 carteries (3 hectares) comprenant vignes, arbres fruitiers et oliviers.

La bastide vers 1950

Après avoir appartenu à la famille Pastoret pendant tout le XIXème siècle, la bastide fut vendue en 1888 par un courtier Jean-Anthoine Stalla décédé en 1924 et à son épouse née Bourdillon.
La famille Stalla-Bourdillon semble avoir été la dernière à posséder la bastide. La ville rasa la maison et racheta les terrains en 1970 pour y bâtir le collège Vallon de Toulouse.

Bastides voisines au XIXème siècle –La Maurelle – Campagne Fémy – Grand Pré – Maison Blanche – Sainte Emilie des Tilleuls – Saint Joseph (Campagne Rossolin) – Campagne Pastré (Tour de Tassy) – la Suzanne – Le Val des Bois – Valvert – La vieille Bastide – Campagne du Bon Pasteur – La clairière – Campagne Dravet Campagne Estrangin –  La Mignonne – La Sauvaire – Val beaux Cèdres Historique prochainement

3 Nostalgie – Le vallon disparu

Ancienne ferme Traverse Regny
chemin Vallon Toulouse – face au Dia (notez l’ancien grenier à grains au premier plan)
Ancienne ferme chemin Vallon Toulouse

CSCS Saint Tronc Le club de foot de notre enfance (1978/1990 )

CSCS Saint Tronc Le club de foot de notre enfance

Par Remy Alacchi – Avril 2001 – @ Tous droits réservés

C’est en 1978, qu’un petit groupe de bénévoles décident sous la présidence de M. Tiran de créer sur le quartier une association qui permettrait à chacun  » de pratiquer son sport favori au moindre cout  » Ce slogan en forme de profession de foi annonçait l’ambition et l’enthousiasme des dirigeants. Leur initiative était d’autant plus louable, qu’ils avaient entrepris d’occuper les jeunes, qui dans ces années 1978-80 étaient très nombreux. J’en parle d’autant plus facilement que j’en faisais parti. Nous étions des centaines, certains de La Marguerite, d’autres des Grands Pins, de Castelroc ou des Jardins de Flore.

Nous jouions à l’époque sur le petit terrain devant la Marguerite. Je me souviens de ces hordes de gamins, issus du  » baby-boom  » que nous étions, nous vivions quasiment comme à la campagne et les tournois de foot amateurs que nous organisions rythmaient nos mercredi après-midi et nos samedi.

C’était l’époque où l’on pouvait encore apercevoir des vaches qui paissaient devant la B-Fouque. Saint tronc n’était encore qu’un village accroché à la roche blanche de  » Sainte croix  » et nous nous enivrions des douceurs de cette liberté que permettaient les collines environnantes.

C’est donc dans l’allégresse générale que, nous « les enfants de saint Tronc  » avions salués la naissance de ce club, qui allait nous permettre de nous exprimer, de briller et peut être de devenir célèbre. La tâche pourtant s’annonçait rude et les dirigeants savaient qu’il serait difficile de concurrencer des clubs mieux implantés comme » Vivaux Marronniers, Sainte-marguerite ou Mazargues. Mais qu’importaient les difficultés à venir, la passion était là et le club était né. A l’époque, les dirigeants du club nepossédaient que peu de moyens et ce n’est qu’armé de leur amour du sport qu’ils commencèrent à lancer les campagnes de recrutement, à négocier l’obtention de locaux et d’un stade d’entraînement avec la Ville. Les débuts se firent comme prévu dans la douleur, nous jouions nos matchs à saint Loup, tandis que les entraînements avaient lieu sur le terrain de Castelroc Haut.

Peu à peu, les choses s’organisaient et déjà pour la saison 1978-79, huit équipes étaient engagées sous les couleurs du club. Je suis sur que beaucoup sur le quartier se souviennent du petit boxe derrière le  » SODIM  » qui nous servait de quartier général. Nous y avions rendez–vous avant chaque match, les parents nous accompagnaient sur les divers stades où devaient se dérouler les rencontres. C’est pour ma part, ainsi que j’ai commencé à découvrir Marseille.

Il y avait aussi les lotos, les sorties, les soirées que le club organisaient le club, nous étions fiers d’appartenir à cette famille sportive. C’est donc tout naturellement que nous avions développé un solide sentiment d’identité et d’appartenance et c’est avec la rage et l’orgueil de nos 10 ans que nous défendions chaque dimanche l’honneur de notre quartier. Sans avoir de prétentions démesurées, le club dont l’évolution resta modeste malgré les années, nous permit de nous épanouir et de ne jamais perdre de vue que l’essentiel était dans l’amitié, la solidarité le plaisir de l’effort et le dépassement de soi. Je garde encore à l’age adulte les traces des enseignements de nos entraîneurs qui sans cesse prônaient le respect de l’autre.

A insouciante jeunesse dont je garde encore de merveilleux souvenirs, je souhaite aux générations suivantes de ressentir autant de joie que nous en avions à l’époque.

Pourquoi ne pas rêver à la résurrection de ce club qui a cessé d’exister il y a quelques années ?
fraJe ne peux clore ce fragment de l’histoire de notre quartier sans saluer les nombreux bénévoles, qui sans être à l’origine de la création du club bénévole se sont en effet succédés pour assurer la pérennité de la structure associative et sportive : citons Mrs Louisor, Gysler, Campo, Monaco, Giuliano, Galiano, Bonsignori, Ferraro, Alacchi (et j’en oublie sûrement) qui se sont dépensés sans compter, pendant des années pour que demeure sur le quartier une structure associative et sportive.

Remy Alacchi – avril 2001