CSCS Saint Tronc Le club de foot de notre enfance (1978/1990 )

CSCS Saint Tronc Le club de foot de notre enfance

Par Remy Alacchi – Avril 2001 – @ Tous droits réservés

C’est en 1978, qu’un petit groupe de bénévoles décident sous la présidence de M. Tiran de créer sur le quartier une association qui permettrait à chacun  » de pratiquer son sport favori au moindre cout  » Ce slogan en forme de profession de foi annonçait l’ambition et l’enthousiasme des dirigeants. Leur initiative était d’autant plus louable, qu’ils avaient entrepris d’occuper les jeunes, qui dans ces années 1978-80 étaient très nombreux. J’en parle d’autant plus facilement que j’en faisais parti. Nous étions des centaines, certains de La Marguerite, d’autres des Grands Pins, de Castelroc ou des Jardins de Flore.

Nous jouions à l’époque sur le petit terrain devant la Marguerite. Je me souviens de ces hordes de gamins, issus du  » baby-boom  » que nous étions, nous vivions quasiment comme à la campagne et les tournois de foot amateurs que nous organisions rythmaient nos mercredi après-midi et nos samedi.

C’était l’époque où l’on pouvait encore apercevoir des vaches qui paissaient devant la B-Fouque. Saint tronc n’était encore qu’un village accroché à la roche blanche de  » Sainte croix  » et nous nous enivrions des douceurs de cette liberté que permettaient les collines environnantes.

C’est donc dans l’allégresse générale que, nous « les enfants de saint Tronc  » avions salués la naissance de ce club, qui allait nous permettre de nous exprimer, de briller et peut être de devenir célèbre. La tâche pourtant s’annonçait rude et les dirigeants savaient qu’il serait difficile de concurrencer des clubs mieux implantés comme » Vivaux Marronniers, Sainte-marguerite ou Mazargues. Mais qu’importaient les difficultés à venir, la passion était là et le club était né. A l’époque, les dirigeants du club nepossédaient que peu de moyens et ce n’est qu’armé de leur amour du sport qu’ils commencèrent à lancer les campagnes de recrutement, à négocier l’obtention de locaux et d’un stade d’entraînement avec la Ville. Les débuts se firent comme prévu dans la douleur, nous jouions nos matchs à saint Loup, tandis que les entraînements avaient lieu sur le terrain de Castelroc Haut.

Peu à peu, les choses s’organisaient et déjà pour la saison 1978-79, huit équipes étaient engagées sous les couleurs du club. Je suis sur que beaucoup sur le quartier se souviennent du petit boxe derrière le  » SODIM  » qui nous servait de quartier général. Nous y avions rendez–vous avant chaque match, les parents nous accompagnaient sur les divers stades où devaient se dérouler les rencontres. C’est pour ma part, ainsi que j’ai commencé à découvrir Marseille.

Il y avait aussi les lotos, les sorties, les soirées que le club organisaient le club, nous étions fiers d’appartenir à cette famille sportive. C’est donc tout naturellement que nous avions développé un solide sentiment d’identité et d’appartenance et c’est avec la rage et l’orgueil de nos 10 ans que nous défendions chaque dimanche l’honneur de notre quartier. Sans avoir de prétentions démesurées, le club dont l’évolution resta modeste malgré les années, nous permit de nous épanouir et de ne jamais perdre de vue que l’essentiel était dans l’amitié, la solidarité le plaisir de l’effort et le dépassement de soi. Je garde encore à l’age adulte les traces des enseignements de nos entraîneurs qui sans cesse prônaient le respect de l’autre.

A insouciante jeunesse dont je garde encore de merveilleux souvenirs, je souhaite aux générations suivantes de ressentir autant de joie que nous en avions à l’époque.

Pourquoi ne pas rêver à la résurrection de ce club qui a cessé d’exister il y a quelques années ?
fraJe ne peux clore ce fragment de l’histoire de notre quartier sans saluer les nombreux bénévoles, qui sans être à l’origine de la création du club bénévole se sont en effet succédés pour assurer la pérennité de la structure associative et sportive : citons Mrs Louisor, Gysler, Campo, Monaco, Giuliano, Galiano, Bonsignori, Ferraro, Alacchi (et j’en oublie sûrement) qui se sont dépensés sans compter, pendant des années pour que demeure sur le quartier une structure associative et sportive.

Remy Alacchi – avril 2001