GENESE DU QUARTIER SAINT LOUP – MARSEILLE

Par Remy Alacchi – @ Tous droits réservés – 2007
Sources :
Alfred Saurel (La banlieue de Marseille, 1878)


Monographie : Histoire de Saint Loup, Abbé Cayol – 1866

En 1876, le village de Saint Loup comptait 2 529 habitants. D’après Alfred Saurel (La banlieue de Marseille, 1878) la naissance du village est très ancienne. Sa création semble être liée à la proximité des moulins à grain qui jouxtaient l’Huveaune. Les premières maisons créées longeaient la route qui devait être plus basse que celle que nous connaissons actuellement. L’historiographe du quartier St Loup, l’Abbé Cayol (1812-1869) atteste dans son ouvrage « histoire du quartier Saint Loup » que le nom primitif de Saint Loup fut Centhis, puis par déformation sémantique, San This puis Saint Thyrse. Le passage de cette dernière appelation à celle de Saint Loup est à ce jour inexpliquée, bien que l’on pourrait inférer un lien entre St Loup et le cours d’eau (Loubet en provençal)
Le cartulaire de Saint Victor daté de 1057 décrit une transaction entre Pierre, prêtre du village de Saint Marcel et le monastère de Saint Loup. « Pierre donne au monastère une vigne, voisine de celle de Pons Borrelus de Saint Thyrse » L’église de Saint Loup est confirmée à l’Evêque de Marseille par une bulle du pape, Anathase IV, le 30 Septembre 1153.

L’église devient alors un prieuré de la Major et le titre « de Saint Thyrse est donné aux chanoines du lieu. En 1318, le quartier se nomme encore, Saint Tyrse et le prieuré est uni à celui de Notre Dame D’Eoures. Le nom de Saint Loup apparaît en 1531 (d’après les archives de la Major) Aucun historien n’a à ce jour réussi à démontrer les raisons de ce brusque changement d’appellation. Saint Loup a t’il été baptisé ainsi en hommage aux grâces que prodiguait la rivière de l’Huveaune ? Ni l’Abbé Cayol, ni Alfred Saurel, les deux historiens du quartier, n’ont réussi à étayer cette hypothèse. A partir du début du XVIIIème siécle, le village a commencé à se développer. Les archives, nous dit Saurel, attestent d’une chose : La paroisse de Saint Loup, en 1777, était suffisamment importante pour que l’on décide de la création d’un cimetière. Les ressources du village n’étaient pas nombreuses et la paroisse dépérit rapidement, cela conduit l’évêché à en interdire l’accès. Saisis de remords la population décida sa rénovation. Le chantier fut confié à l’architecte Dreveton (qui possédait terre et bastide à St Loup). En 1791, en pleine révolution, la nouvelle église fut inaugurée, elle traversa le temps jusqu’à nous. La terreur révolutionnaire interrompit le culte jusqu’en 1801. Monseigneur De Mazenod la consacra en 1834.

L’expansion agricole de Saint Loup : On ne peut comprendre l’évolution de Saint Loup et des villages voisins comme Saint Tronc, sans se pencher sur l’inestimable apport du canal de Marseille. Avant sa construction en 1849, seule la vigne et l’olivier pouvaient surmonter l’aridité du sol. Le canal permit une requalification du mode de culture. Les paysans se mirent à la production maraîchère (arbres fruitiers, pâturage pour les vaches laitières) Cette mutation économique dopa le développement du village. Des ouvriers agricoles vinrent du centre-ville proposer leur services, puis ce fut le tour des Italiens venus du Piémont, puis des Arméniens. Le village s’étendît vers la colline et de modestes bâtisses couvrirent le Vallon de Puit de Paul, les Trois Ponts, le vallon de La Vesque.

L’apport de l’eau du canal ne fut pas qu’une bénédiction pour la population. De riches négociants, en quête de fraîcheur et de tranquillité et venus du centre- ville, allaient rapidement occuper les lieux. Les propriétaires terriens en investissant dans des domaines agricoles employèrent les gens du village (ouvriers agricoles, femmes de ménage, jardiniers, cochers, etc.)
Cette nouvelle sociologie bouleversa quelque peu l’équilibre social du village car riches et pauvres furent contraints de cohabiter. De façon générale, tout le monde profita de l’onction économique qu’apporta le canal. L’aspect actuel du village est directement hérité de cette fin de XIXème car les bastides encore nombreuses de nos jours datent de cette époque. Seules les campagnes attenantes aux bastides ont été morcelées dans les années 1960 pour la création de groupes d’immeubles.