LES ENFANTS DE LA COLLINE – DEUXIÈME EPOQUE de

LE VALLON DE TOULOUSE 1980/1985

Prochainement – Par Rémy Alacchi – Tous droits réservés

INTRODUCTION :

La zone d’influence du collège vallon Toulouse était immense. Il englobait une grosse partie du 10e jusqu’aux confins de l’arrondissement ainsi qu’une partie du 9e arrondissement.

Les différences sociales étaient marquées et marquantes. Les populations étaient réparties de façon hétérogène sur le quartier. Il n’existait pas véritablement de quartiers riches ni défavorisés. Les population modestes jouxtaient les classes intermédiaires ainsi que les classes aisées.

Les professions Intermédiaires, cadres moyens et fonctionnaires occupaient fièrement le flanc de la colline de Sainte Croix (Castelroc haut, les Grands Pins, la Marguerite) 

Les chefs d’entreprises, les professions libérales et les cadres supérieurs se répartissaient sur Les Jardins de Flore, Le Club, Bois fleuri. Ces résidences étaient à l’époque considérées comme huppées. Une autre partie plus infime se répartissait sur les contreforts de la colline côté 9e (La Croix du Sud, Parc Berger, Solvert)

Je n’avais guère à l’époque fréquenté d’autres enfants que ceux du pied de la colline de Castelroc. Nous vivions là, sur un mode endogène, sans frustrations particulières et ne savions pas qu’il existait un ailleurs. Nous étions des enfants dans la roche blanche, notre univers c’était la colline et nous étions très éloignés des codes urbains. Il est vrai que mes premières années de primaire à la petite école de castelroc furent assez linéaires, je ne perçus pas réellement les différences.

Le grand saut vers l’inconnu que représenta l’entrée en 6e au collège vallon Toulouse fut également la prise de conscience douloureuse de l’inégalité sociale. 

Je fus rapidement saisi d’un certain complexe d’infériorité et je tentais par tous les moyens mais en vain de combler mes lacunes. Que faire pour s’intégrer ? Sinon tenter d’imiter les codes d’une certaine bourgeoisie Marseillaise déjà bien implantée dans les quartiers sud.

Cette époque de ma vie fut décisive, je me refugiais dans la rêverie et l’imagination et je tentais de combler ce que je ne pouvais obtenir réellement dans la vie courante.

Je compris très tôt qu’il me faudrait me battre pour me sortir de la difficulté. 

Les résultats scolaires des premiers mois de 6e n’étaient guère encourageants et je fus très rapidement catalogué par le corps enseignant comme un cancre patenté.

Seuls mes résultats d’anglais étaient satisfaisants mais cela ne suffît pas. Je restais désespérément assigné à cette identité de mauvais élève, fainéant et sans cervelle.

Élève anxieux, certainement peu confiant en ses capacités, je m’enfonçais jour après jour dans le doute et le malaise.

Je ne me souviens pas, je dois bien le dire, d’une grande empathie de mes professeurs. Ceux-ci m’avaient déjà définitivement étiqueté comme perdu pour les études.

Une grande partie de mon orientation professionnelle allait se jouer les premiers mois de mon entrée en 6e

Je ne regrette rien de ces années, car elles m’ont permis d’être ce que je suis aujourd’hui : un adulte attentif à la détresse d’autrui.

Cela fut déterminant par la suite pour trouver en moi la force de faire des études universitaires et de le cultiver de façon acharnée. C’est ainsi que j’ai pu conjurer le sort et redistribuer à l’âge adulte ce qui m’avait tant manqué alors que j’étais enfant.

A suivre

RemyAlacchi
  • RemyAlacchi

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