Saint Tronc – Les belles demeures du XIX ème siècle – La Sauvagère

Par Rémy Alacchi – Tous droits réservés

Bastide La Sauvagere – 1997- Photo Pierre Laurent Deluca et Rémy Alacchi – Tous droits réservés

CARTE IGN /Multicarto de 1950. Saint Tronc est encore une succession de campagnes .En bas à gauche, on peut apercevoir la Bastide Maison Blanche. La traverse de Saint-Tronc bordée de haut murs est très étroite. Juste en face de Maison-Blanche, la très longue allée de la Sauvagère qui mène à la Bastide un peu plus haut

Histoire de la bastide La Sauvagère : À l’époque la grille d’entrée se trouvait Traverse de Saint Tronc, face à l’entrée de la bastide Maison Blanche (actuellement Paul Claudel)

Source : Les bastides de sainte Marguerite, Henry Luppi, Comité du Vieux Marseille, 1983

En ce début du XIX siècle, le terroir Marseillais est encore très étendu. Saint-Tronc est à l’époque particulièrement éloigné des axes centraux et des routes importantes. Le quartier est essentiellement agricole. Le voyageur qui souhaitait se rendre vers les collines de Saint-Tronc devait emprunter des ruelles sinueuses, étroites et peu carrossables.

Suivons les recherches d’Henry Luppi.

Nous sommes dans les débuts du règne de Louis-Philippe. La richesse de la terre de Saint Tronc attirèrent la famille Castinel, des marchands de grains établis sur la Canebière. C’est Louis Philippe Alphonse Castinel qui acquit la portion la plus considérable. Il serait difficile de nos jours d’imaginer la taille des parcelles de l’époque. Ainsi d’après Henry Luppi, la propriété s’étendait sur onze hectares, jusqu’à la limite de Saint Loup et occupait l’ancien territoire dit de  » Canto – Perdrix  » (nous y reviendrons)

La portion la plus importante de cet immense domaine fut donc dénommée, La Sauvagère.

La Sauvagère. Le choix de ce nom semble provenir du fait que ce lieu était particulièrement difficile d’accès.

Louis Philippe Alphonse Castinel, négociant en vins vendit ses terres en 1837 à Pierre François Jacques Aîné, négociant Rue Dragon. Celui-ci fit édifier la bastide telle que nous la connaissons en 1858

Citons Henry Luppi :  » Belle construction en brique de deux étages sur rez-de-chaussée dans le style Louis XIII avec pas moins de 14 mètres de façade ouvrant sur un bel escalier à double révolution  »

La suite de l’histoire ne manque pas d’intérêt.

La veuve de Pierre François Jacques légua a sa fille la bastide. Celle – ci était l’épouse de Monsieur Charles Gavotty, juge au tribunal de commerce et administrateur délégué des raffineries Saint-Louis.

Henry Luppi nous apprend que leurs fils, Alfred Gavotty, docteur en droit et son et épouse née Durand de Corbiac y résidèrent pendant la première partie de XXème siècle.

C’est dans les années 1950 que la Bastide fut dévolue à la médecine par la création d’une clinique appelée Résidence du Parc. Initialement limitée à l’intérieur de la bastide, l’activité médicale se développa et occupa une grande partie du Parc.

Jusque dans les années 2004 /2005, une grande partie du parc environnant datant du XIX e siècle était encore visible. Il n’en reste aujourd’hui plus rien. Fort heureusement, j’avais eu le temps de faire ces quelques photos, témoin d’un passé complètement révolu.

La Bastide et son parc à l’anglaise – 2004

Sur le modèle du jardin anglais du petit Trianon de Versailles, treille permettant de marcher à l’ombre
Sûrement un cèdre du Liban, arbre exotique très prisé des jardins d’agréments de la fin du XIXème siècle – 2004
Le perron de la Bastide – 2004
Alcôve en façade, niche permettant d’accueillir habituellement une statue, une figure biblique ou plus communément comme ici un pot